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La Dernière

Anthony Touma, « chanteur libanais » et fier de l’être

Liban Pop

Avec « Walk Away », premier single de son second album produit par Universal Mena, le chanteur à midinettes se mue en véritable artiste pop.

29/09/2017

Il débarque dans les locaux de L'OLJ accompagné de Marcelle, sa maman et manager. Tee-shirt et jeans déchiré juste ce qu'il faut, baskets d'une blancheur immaculée, coupe de cheveux branchée mais sans extravagance et petit bracelet brésilien au poignet, Anthony Touma respire l'équilibre.

Calme, posé, simple et naturel, il n'y a pas chez lui le moindre soupçon d'affectation. Ni de langage, ni d'accent, ni dans l'attitude. Ce jeune homme (presque parfait), qui a été le demi-finaliste « coup de cœur » de la saison 2 de The Voice France en 2013, est aujourd'hui l'idole des (très) jeunes (et jolies). En quatre ans de notoriété, il n'a pas pris la grosse tête. Au contraire. La sienne, bien faite, il a su la garder bien vissée sur ses épaules. Malgré les « Anthonyyyyyyy » hurlés à chacun de ses concerts par ses fans énamourées ; malgré Let me be your lover, le titre qu'il a enregistré avec un autre beau gosse, Enrique Iglesias ; malgré le fait qu'il ait été sacré meilleur danseur par Dancing with the Stars (saison 3 au Liban) ou encore qu'il ait été la vedette d'un film libanais (And Action)...

À 25 ans tout ronds, le jeune Touma ne se laisse pas griser par le chant... des sirènes, mais planifie, calmement, sa mue de chanteur à midinettes en véritable artiste pop. Au talent polyvalent. Après un premier album qu'il s'était laissé convaincre d'enregistrer en France et en français, qui n'a pas eu le succès escompté, le voilà qui s'apprête à lancer, avant la fin de l'année, le second en anglais. Une langue qu'il maîtrise mieux et qui sert une carrière plus internationale, avoue-t-il, sans faux-semblants. Premier single de ce second opus, produit, cette fois, par Universal Mena, Walk Away, sorti il y a un mois, a déjà enregistré près de 600 000 vues sur YouTube. Ce titre pop, ensoleillé, sous-tendu de rythmes africains, dont il a signé les paroles et la musique (tandis que Sleiman Damien et Tarek Majdalani ont fait les arrangements), est un tube Feel good par excellence. « C'est une chanson qui dit aux personnes qui ont une énergie négative d'aller se faire voir ailleurs. Elle raconte mon histoire avec certains de mes (faux) amis, qui n'ont pas cru en mon potentiel, m'ont prédit l'échec et se sont détournés de moi. Ceux-là mêmes qui sont revenus en courant quand j'ai commencé à avoir du succès... » révèle-t-il.

 

(Pour mémoire : Anthony Touma remporte avec brio la 3e saison de "Dancing with the Stars")

 

Le pouvoir rassembleur de sa musique
Le clip, réalisé par Ingrid Bawab et tourné, en grande partie, dans les quartiers populaires de Tripoli, montre Anthony Touma déambulant dans les rues, les souks, sur la corniche parmi les passants, en chantant et dansant. La caméra capte leurs réactions réelles, les regards parfois étonnés, d'autres fois souriants, qu'il provoque, ainsi que ceux remplis de joie d'une foule de gamins venus danser avec lui en mimant le Walk Away qu'il fait du revers des mains. « Ils l'ont repris spontanément. Et le geste est rapidement devenu viral », indique le jeune chanteur. Et d'ajouter : « Ce clip est porteur d'un message fort sur le pouvoir positif et rassembleur de la musique. Durant le tournage, même les personnes qui ne comprenaient pas les paroles ont spontanément dansé et fredonné avec moi. D'ailleurs, à travers des images et des scènes du Liban populaire et authentique, celui de la majorité des gens, je voulais montrer que même si je chante en anglais, je suis libanais, fier de l'être, et je n'essaie pas de me faire passer pour un Américain ou un Européen. »

Sensible et déterminé, Anthony Touma a choisi de suivre sa propre voie(x). Celle qui correspond à ses convictions. Et à son ambition de ne pas brader son talent. Plutôt que de se borner à animer des concerts dans le cadre de festivités, « qui rapportent gros mais ne mènent pas loin », il préfère tracer lentement mais sûrement son sillon. Celui qui le mènera du pays du Cèdre vers l'international. Et non l'inverse. « C'est très important pour moi de montrer qu'un talent peut éclore au Liban et être reconnu à l'étranger. Moi j'ai tout appris ici : le français, l'anglais, la musique... Je suis né en France, mais je n'y ai vécu que mes trois premières années. Tout ce que je suis vient de ce pays. C'est pourquoi je veux y produire ma musique pour l'exporter par la suite. D'ailleurs, mon grand rêve est d'avoir ma propre maison de disques au Liban et d'écrire des chansons pour d'autres artistes. »

Fort de ses duos réussis avec les chanteurs espagnol Enrique Iglesias et égyptien Mohammad Attieh, Anthony Touma envisage aussi des collaborations avec d'autres artistes. Pourquoi pas ses ex-compétiteurs de The Voice devenus amis comme Louane Frégé ou Laura Chab...

Le jeune homme est d'ailleurs bien armé pour mener à bien ses plans. Après l'entracte de The Voice, il a décroché son diplôme en business et marketing de l'AUB en 2015, puis il a été poursuivre à Londres une formation à la Point Blank Music School en composition, chant, production et gestion musicale. Et pour couronner le tout, il prend avec passion des cours de salsa.

Une évolution perceptible dans son nouvel album, dont le second titre vient d'être lancé il y a quelques jours. Intitulé Break your heart, il s'agit cette fois d'une mélodie romantique qui sera accompagnée d'un clip glamour. Le tournage est en cours. « La chanson évoque le chagrin d'une rupture amoureuse. Et, comme toujours, elle est inspirée de mes propres expériences », confie simplement le jeune homme. Qui, rassurons (ou pas !) ses fans, vit un nouvel amour heureux.

 

 

Pour mémoire

La magie Anthony Touma à Montréal

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