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Moyen Orient et Monde - Diplomatie

Macron exhorte à « l’audace » pour relancer l’Union européenne

Dans un discours à la Sorbonne, le président français a assumé hier vouloir une Europe « à plusieurs vitesses », et entrevoit même que « le Royaume-Uni puisse (y) trouver sa place » malgré le Brexit.

Dans un discours passionné de plus d’une heure et demie à la Sorbonne, hier, le président français Emmanuel Macron a proposé des initiatives tous azimuts pour relancer le projet européen. Ludovic Marin/Pool/AFP

« Nous sommes bousculés, l'audace est notre seule réponse » : le président français Emmanuel Macron a proposé, hier, des initiatives tous azimuts pour relancer le projet européen et aller vers plus d'intégration dans la défense, l'économie ou la gouvernance.
Dans un discours passionné de plus d'une heure et demie à La Sorbonne, prestigieuse université parisienne, le chef de l'État centriste et pro-européen a affirmé que l'Europe n'avait « pas le choix » si elle voulait exister face à la Chine ou les États-Unis, mais aussi résister à « l'obscurantisme » que portent les partis nationalistes. L'Europe est « trop faible, trop lente, trop inefficace », a-t-il déclaré lors de ce discours ne visant pas, selon lui, à délivrer « des outils », mais à donner à l'UE « une nouvelle ambition ». « Nous avons besoin, à 28, d'une Europe plus simple, moins bureaucratique », a-t-il assuré.
Ce discours était le troisième consacré à l'Europe depuis son élection en mai. Il a tenu à attendre le résultat des élections allemandes de dimanche pour présenter son projet, la France ne pouvant réformer l'Europe sans l'appui du plus puissant pays de l'UE. Même si la victoire d'Angela Merkel a été plus courte que prévu, M. Macron s'est déclaré persuadé que Paris et Berlin resteraient le moteur de l'Europe. Car, selon lui, la « réponse » de la chancelière « ne sera ni le repli ni la timidité, mais l'audace et le sens de l'histoire ». Il a proposé de donner une « impulsion franco-allemande », consistant à « intégrer totalement » d'ici à 2024 les marchés des deux pays, en « appliquant les mêmes règles à nos entreprises, du droit des affaires au droit des faillites ».

Il est temps « d'être ambitieux »
Au-delà, M. Macron assume vouloir une Europe « à plusieurs vitesses », ce qui est déjà le cas, donc « n'ayons pas peur de le dire ». Il entrevoit même que « le Royaume-Uni puisse (y) trouver sa place », malgré le Brexit.
Affirmant à plusieurs reprises que c'était « le bon moment » pour « être ambitieux », il a énuméré une vingtaine de propositions concrètes, allant d'une Europe de la défense à la convergence fiscale et sociale, ou encore l'extension du programme Erasmus au-delà du monde étudiant. Parmi ces projets figure, ainsi, la création d'une force commune d'intervention européenne pour 2020. Il souhaite aussi la création d'une Agence européenne de l'innovation numérique ou d'un Office européen de l'asile, « pour maîtriser efficacement nos frontières et accueillir dignement les réfugiés ». Le président français veut également une plus grande convergence économique et sociale, avec un rapprochement des taux d'impôt sur les sociétés pour 2020 ainsi qu'un salaire minimum, adapté à la réalité économique de chaque pays. Emmanuel Macron a par ailleurs proposé de créer au niveau européen « une taxe sur les transactions financières » (TTF), qui serait « affectée intégralement à l'aide » au développement. Un projet jusqu'ici resté dans les cartons, en raison de réticences de la plupart des États européens. M. Macron propose, en outre, que chaque jeune Européen passe au moins 6 mois dans un autre pays européen (50 % d'une classe d'âge en 2024) et que chaque étudiant parle deux langues européennes d'ici à 2024.
Pour lancer cette « refondation », le président veut initier début 2018 un vaste débat avec des « conventions démocratiques », « dans tous les pays volontaires ». Il présentera auparavant ses propositions aux autres dirigeants européens, qu'il retrouvera fin octobre pour un sommet à Bruxelles. Il a préparé le terrain en ayant vu en tête à tête, depuis son élection, 22 de ses 27 collègues.
Avant même la fin de la discussion initiée par M. Macron avec les étudiants présents, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a salué ce « discours très européen ». « L'Europe a besoin de courage », a-t-il souligné, tout en se distançant des déclarations de M. Macron sur l'Europe « à plusieurs vitesses ». Sur Twitter, des membres de l'exécutif européen ont vivement applaudi plusieurs passages du discours, même si certains ont fait remarquer qu'il comprenait plusieurs initiatives déjà lancées ou proposées par Bruxelles.
Source : AFP

« Nous sommes bousculés, l'audace est notre seule réponse » : le président français Emmanuel Macron a proposé, hier, des initiatives tous azimuts pour relancer le projet européen et aller vers plus d'intégration dans la défense, l'économie ou la gouvernance.Dans un discours passionné de plus d'une heure et demie à La Sorbonne, prestigieuse université parisienne, le chef de l'État centriste et pro-européen a affirmé que l'Europe n'avait « pas le choix » si elle voulait exister face à la Chine ou les États-Unis, mais aussi résister à « l'obscurantisme » que portent les partis nationalistes. L'Europe est « trop faible, trop lente, trop inefficace », a-t-il déclaré lors de ce discours ne visant pas, selon lui, à délivrer « des outils », mais à donner à l'UE « une nouvelle ambition ». « Nous...
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