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Moyen Orient et Monde - Kurdistan Irakien

Pour Barzani, le partenariat avec Bagdad a échoué

Les préparatifs se poursuivaient hier pour le référendum d’indépendance du Kurdistan irakien. Ari Jalal/Reuters

Les Kurdes irakiens ont décidé de tenir leur référendum d'indépendance aujourd'hui « quel qu'en soient le risque et le prix » et malgré les menaces du Premier ministre irakien de prendre « les mesures nécessaires » pour préserver l'unité du pays. « Le partenariat a échoué avec Bagdad et nous ne le reprendrons pas. Nous sommes arrivés à la conviction que l'indépendance permettra de ne pas répéter les tragédies du passé », a martelé le président de la région autonome du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, lors d'une conférence de presse. « Nous nous attendons à des réactions d'un côté ou de l'autre, mais nous en sommes venus à une conviction : quel que soit le risque et le prix, (tenir le référendum) est mieux que d'attendre un sombre destin », a-t-il clamé. Il a toutefois souligné qu'une victoire du « oui » ne serait que le début « d'un long processus ».
Intervenant depuis Bagdad dans un discours prononcé au même moment que la conférence de presse du leader kurde, le Premier ministre Haïder al-Abadi a de son côté refusé le divorce. « Prendre une décision unilatérale affectant l'unité de l'Irak et sa sécurité ainsi que la sécurité de la région avec un référendum de séparation est contre la Constitution et la paix civile », a-t-il insisté. Un peu plus tôt hier, parmi les pays voisins, l'Iran avait pris une première mesure de rétorsion en interdisant jusqu'à nouvel ordre tous les vols avec le Kurdistan irakien, à la demande du gouvernement de Bagdad.

Intentions diaboliques
Malgré ces mises en garde, à Erbil, capitale du Kurdistan et fief du président Barzani, la majorité des gens affirmaient vouloir aller voter pour ce scrutin historique. Tout en en craignant les conséquences. « En fait, nous attendons avec impatience de savoir quelle sera la situation après le 25 septembre, car la majorité des Kurdes voteront pour l'indépendance pour réaliser notre rêve d'un État indépendant », assurait Ahmad Souleimane, 30 ans. « Ce qui nous fait peur, c'est que nos ennemis ont des intentions diaboliques à notre encontre », ajoutait-il.
Les Kurdes sont appelés à voter dans les trois gouvernorats qui forment depuis 2003 la région autonome du Kurdistan, mais aussi dans les territoires que se disputent les Kurdes et les autorités de Bagdad, comme la riche province pétrolière de Kirkouk. « Nous sommes tous pour l'indépendance car nous ne voyons pas l'intérêt de rester au sein de l'Irak, mais nous avons peur des complots ourdis par les pays voisins », confirmait Kamaran Mohammad, 27 ans. « Aujourd'hui, nous (les) voyons (...) mettre de côté leurs différences pour s'allier contre nous », poursuivait ce vendeur de vêtements.
Inquiète à l'idée qu'Erbil suscite les velléités séparatistes de sa minorité kurde, la Turquie a déjà dit que sa réponse aurait des volets « sécuritaire » et « économique », alors que l'armée turque intensifiait ses manœuvres à la frontière. Aux yeux d'Ankara, « le référendum d'aujourd'hui est illégitime, nul et non avenu », a réaffirmé hier le Premier ministre turc, Binali Yildirim.

Action provocatrice
Dans ce contexte tendu, la crainte est palpable à Suleimaniya, deuxième ville du Kurdistan irakien, contrôlée par l'Union patriotique du Kurdistan (UPK), les rivaux de Massoud Barzani. « Aujourd'hui, je voterai "non" car j'ai peur d'un embargo sur la région, d'une guerre civile avec le Hachd al-Chaabi (l'organisation paramilitaire majoritairement chiite) et de me réveiller pour voir des soldats turcs patrouiller », expliquait Kamiran Anouar, un enseignant de 30 ans.
À Kirkouk, après la ruée samedi sur les produits alimentaires, tout était calme hier. Dans les rues, les drapeaux kurdes se mélangeaient à ceux de la célébration chiite de Achoura, avec les figures des deux imams Hussein et Ali.

Source : AFP

Les Kurdes irakiens ont décidé de tenir leur référendum d'indépendance aujourd'hui « quel qu'en soient le risque et le prix » et malgré les menaces du Premier ministre irakien de prendre « les mesures nécessaires » pour préserver l'unité du pays. « Le partenariat a échoué avec Bagdad et nous ne le reprendrons pas. Nous sommes arrivés à la conviction que l'indépendance permettra de ne pas répéter les tragédies du passé », a martelé le président de la région autonome du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, lors d'une conférence de presse. « Nous nous attendons à des réactions d'un côté ou de l'autre, mais nous en sommes venus à une conviction : quel que soit le risque et le prix, (tenir le référendum) est mieux que d'attendre un sombre destin », a-t-il clamé. Il a toutefois souligné qu'une...
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