La Dernière

Les trésors d’un artiste chez Hermès

La Mode

Comme chaque année depuis sa création, la Beirut Art Week est prétexte à un parcours hors les murs où les boutiques les plus élégantes du centre-ville offrent à leurs invités un événement artistique exclusif. C'était le cas hier chez Hermès.

20/09/2017

Dans le cadre de la Beirut Art Week, magie et poésie donnaient rendez-vous à l'élégance hier soir chez Hermès où Michèle et Nicolas Garzouzi recevaient la presse, les officiels et une poignée de clients VVIP autour d'un cocktail raffiné. Les invités de la boutique Hermès Beyrouth ont ainsi pu découvrir l'exposition de carrés exceptionnels conçus par Pierre-Marie Agin, jeune illustrateur, dessinateur, graphiste et directeur artistique dont l'univers se situe à la croisée de l'ornementation et de la narration.

Autour d'un vase et d'un nécessaire à peinture
Ce surdoué qui crée des carrés pour Hermès depuis 2008 a mis cette fois son immense talent dans l'interprétation des Trésors d'un artiste. Il s'agit d'objets de collection du XIXe siècle qui réverbèrent encore un processus créatif, expriment la trace d'une inspiration et dégagent une énergie féconde.
L'un est un vase cylindrique, pré-Art nouveau, à base polylobée et facettée, en verre satiné doublé de bleu. Le décor est gravé à la roue. Au centre du vase, un loup poursuit un cheval nu au galop. Autour de ce motif central se déploient des arabesques florales.
L'autre est un nécessaire d'artiste des années 1830, enfermé dans un coffret d'acajou laqué. À travers un jeu complexe de tiroirs, de soufflets et de compartiments secrets, on y découvre tour à tour un miroir à poser, un couteau gravé à manche de nacre, un grattoir, un canif, un cachet, un coupe-papier, un taille-plume, des porte-mines, une règle en ivoire. Les objets manquants y sont aussi importants que les objets conservés. Les ciseaux dont l'emplacement est resté vide, les tablettes d'aquarelle disparues rappellent que ce nécessaire, avec sa palette de marbre blanc, ses pinceaux, ses fusains et ses flacons, a été le témoin d'une fervente activité créative et peut-être aussi d'une passion secrète comme le révèle l'ébauche de lettre qui y a été trouvée et qui commence par ces mots : « Chère Madame amie. »
De cette somme d'émotions contenue dans quelques objets du passé, celui qui signe ses œuvres « Pierre Marie » a créé pour Hermès une série exclusive de carrés contemporains tout aussi vibrants, ces « Trésors d'un artiste » que l'on peut encore découvrir à la boutique Hermès Beyrouth.

Des passerelles entre l'art et la manufacture
La maison Hermès réalise périodiquement des carrés issus d'une tradition de collaboration artistique initiée par Robert Dumas en 1937. Le petit-fils de ce dernier, Pierre-Alexis Dumas, actuel directeur artistique d'Hermès, poursuit à son tour ces éditions dont chacune est le fruit d'un travail de plusieurs années et qui sont, selon ses termes, « la réalisation d'un rêve, celui de créer des liens et des passerelles entre l'univers manufacturier et l'univers artistique ». Produits en série limités, ces carrés sont des œuvres d'art à part entière, à porter sur soi ou à contempler sous un cadre. La boutique Hermès de Beyrouth accompagne le lancement de ces œuvres uniques depuis sa création. En 2014, elle donnait ainsi à découvrir les carrés créés à partir d'une série d'œuvres de l'artiste japonais Hiroshi Sugimoto, issues d'un travail photographique sur Polaroid, réalisé à l'aide d'un prisme géant et d'un dispositif qui a nécessité dix années de mise au point. Ces carrés avaient été exposés pour la première fois au Musée de la culture de Bâle, en juin 2012. En 2015, le choix de la maison s'était porté sur des œuvres de l'artiste argentin Julio Le Parc, figure majeure de l'art cinétique et optique. Hermès avait réalisé cette année-là dix séries de six carrés en soie reproduisant « La longue marche » exprimée en lignes sinueuses sur fond multicolore, illustrant la vie personnelle et artistique de ce pionnier de l'art visuel. En 2016, Hermès Beyrouth exposait, toujours dans le cadre de la Beirut Art Week, des carrés issus des planches de l'artiste animalier Robert Dallet, notamment celui réalisé en hommage à la mythique Panthera Pardus, léopard protégé depuis 2006 par la fondation Panthera dédiée à la préservation des grands fauves. Une initiative qui répondait à la mélancolie de Dallet, souvent persuadé que ses dessins ne seraient bientôt plus que le dernier souvenir de la beauté de ces fauves harcelés.
On l'aura compris, Hermès n'est jamais loin de l'art. À l'heure où la mode et le design collaborent plus que jamais avec les grandes signatures de l'art contemporain, la maison du Faubourg-Saint-Honoré est la véritable pionnière d'un mouvement qui a toujours fait partie de sa culture.

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