Rosneft signe un accord gazier avec le Kurdistan irakien. Il avait déjà obtenu plus tôt cette année un accord préliminaire concernant la construction de pipelines. Maxim Shemetov/Reuters
La compagnie russe Rosneft va investir dans les infrastructures gazières au Kurdistan irakien et permettre à cette région, où doit se tenir le 25 septembre un référendum d'indépendance, de devenir un important exportateur de gaz vers la Turquie et l'Europe. Le Kurdistan irakien exporte déjà du pétrole depuis 2014 en toute indépendance vis-à-vis du gouvernement central irakien. Rosneft, contrôlée par l'État russe, a rejoint cette année la liste de ses clients. Ce projet pourrait apporter à cette région semi-autonome plusieurs centaines de millions de dollars de prêts garantis par de futures ventes de pétrole. Rosneft va élargir ses investissements au secteur gazier dans le cadre d'un accord portant sur le financement d'un gazoduc, ont annoncé hier la compagnie russe et le gouvernement régional du Kurdistan. Le Kurdistan irakien puise une partie de ses ressources financières dans des accords de préfinancement pour l'exploitation de ses réserves de pétrole, mais il peine à développer ses importants gisements de gaz. L'implication de Rosneft, la plus importante compagnie pétrolière mondiale cotée en Bourse par la production, devrait favoriser le développement de son secteur gazier. La capacité de ce gazoduc devrait permettre au Kurdistan d'exporter jusqu'à 30 milliards de mètres cubes par an, en plus de l'alimentation de son marché intérieur. Ces volumes représentent 6 % de la demande de gaz de l'Europe et un sixième des exportations actuelles de la Russie, de loin le principal fournisseur en gaz de l'Europe. Ce gazoduc entrera en fonctionnement en 2019 pour desservir le Kurdistan et les exportations devraient débuter l'année suivante.
Cela devrait aussi permettre à la Turquie d'alimenter son marché intérieur et de devenir une plate-forme de première importance pour l'acheminement de gaz vers l'Europe.
Source : Reuters

