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Diaspora

Sous un cèdre à Montevideo, les liens de parenté défient le temps

Diaspora

Une « cousine du Liban » raconte ses retrouvailles émouvantes avec les descendants de ses grands-parents à plus de 12 000 kilomètres de son pays.

Rania NAWAR | OLJ
19/09/2017

Ils se sont rassemblés, agréablement surpris et joyeux, enthousiastes à l'idée de rencontrer une cousine qui venait du pays du Cèdre, le pays de leurs ancêtres dont ils ne connaissent plus que le nom et quelques informations limitées que les plus vieux d'entre eux leur ont transmises. La nostalgie était la principale motivation du rassemblement de tant de descendants de trois frères de la famille Nawar, venant de différentes régions de Montevideo, surtout de Fraile Muerto dans le département de Cerro Largo, le village principal de cette famille d'émigrés. Le souvenir de leurs grands-parents était clairement présent, ainsi que leur amour pour le Liban qui a été transmis à travers les générations, et la curiosité de faire la connaissance d'une personne de leur sang, venant de la région natale de leurs ancêtres.

J'étais cette cousine chanceuse qui venait du Liban afin de rencontrer, pour la première fois, sa famille uruguayenne, espérant bâtir un pont entre ses proches uruguayens et le Liban. Ce pays a en effet grandement besoin de maintenir les relations entre ses enfants émigrés à travers le monde...

Quand j'ai débarqué en Uruguay, je ne savais pas que les liens de parenté et la fierté d'appartenir à une patrie peuvent résister aux générations successives et à la distance. Je ne pouvais que me souvenir de mes grands-parents à chaque fois que j'étais reçue avec un tel enthousiasme et une telle chaleur de la part de leurs descendants. Cet accueil exceptionnel m'a fait ressentir le poids de ma responsabilité auprès d'eux, celle de leur faire mieux connaître le Liban, en leur parlant du grand philosophe national Gebran Khalil Gebran, en leur racontant que le Liban et ses cèdres ont été mentionnés plus de soixante-dix fois dans la Bible, en les invitant à venir visiter leur pays d'origine pour maintenir la relation avec lui et la transmettre à leur enfants.

À plus de 12 000 kilomètres du Liban, un cèdre majestueux est planté près de la Sociedad Libanesa (Société libanaise) de Montevideo. Nous nous sommes rassemblés sous ce cèdre, les larmes aux yeux, avec des émotions contenues que nous exprimions difficilement, et des sentiments intenses qu'on n'aurait jamais pu expérimenter dans notre vie quotidienne. C'était un moment qui unissait le passé avec le présent, le pays d'origine avec sa diaspora, la nostalgie avec la rencontre au présent. C'était un moment qui a uni une famille avec son histoire et son origine.

Si Yousef (José), Salim (Don Selim) et Amine (Emilio, mon grand-père) Nawar (Nauar) pouvaient revenir rien que pour assister à cette scène ! Leurs descendants en Uruguay se comptent actuellement à plus d'une centaine de personnes, appartenant à quatre générations. Ils étaient tous rassemblés sous le cèdre. Les trois frères auraient-ils alors à l'esprit le jour de leur départ de ce pays bien-aimé, vers 1915, quand ils se sont retrouvés ensemble et avec leurs cousins paternels et qu'ils ont décidé d'embarquer sur ce navire qui les mènerait Dieu sait où ? Ce jour si lointain, et malgré l'angoisse de l'avenir, ils avaient deux certitudes : d'une part, ils étaient et resteraient ensemble, soudés pour confronter leur destin, et, d'autre part, la vie dans leur destination, quelle qu'elle soit, serait sûrement plus clémente que la famine qu'ils fuyaient, et qui avait ravagé le Mont-Liban durant la Première Guerre mondiale.

 

Cette page est réalisée en collaboration avec l'Association RJLiban.
E-mail : monde@rjliban.com – www.rjliban.com

 

Pour mémoire

Une avenue au nom du Dr Alberto Miguel Abdala à Kelhat, dans le Koura

 

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