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La Dernière

L’ère du mercato

Un peu plus
19/08/2017

De l'italien marché, désigne la période des transferts dans le monde du sport ou de l'audiovisuel. Marché des transferts. 222 millions d'euros. Telle est la somme déboursée par le Paris Saint-Germain (PSG) pour acheter Neymar au FC Barcelone. 222 millions d'euros. Le transfert le plus cher de l'histoire du football. Montant indécent ? Oui et non. Mais là n'est pas le sujet. Ces transferts ne sont plus aujourd'hui l'apanage du foot ou de l'audiovisuel. Anne-Sophie Lapix remplace David Pujadas, qui lui pourrait prendre la place d'Yves Calvi dans « C dans l'air », qui lui retrouve Canal+. La mode n'est pas en reste. Raf Simons a abandonné Dior pour Calvin Klein, Ghesquière a quitté Balenciaga pour Louis Vuitton, remplacé par Alexander Wang, etc.

Mais ces chaises musicales, aussi invraisemblables soient-elles, existent dans la vie de tous les jours. Dans nos amours, nos amitiés, nos relations professionnelles. Certes, on ne débourse pas des millions pour certains transferts, on n'achète pas un pote, mais on échange. On s'échange. Des gens entrent dans nos vies, en font partie intégrante puis en sortent. Voire disparaissent totalement. Il suffit de remonter dans le temps pour réaliser que, sur certaines photos, se trouvent des gens qui ne posent plus pour nos nouveaux instantanés. Des amis qui étaient à notre mariage, d'autres à la naissance d'un enfant, au baptême du petit, à l'anniversaire de l'aînée. Ne sont tout simplement plus là. Ces mêmes gens qui ont partagé certains des moments les plus importants de notre existence.

On a voyagé ensemble, dormi dans le même lit, partagé une dernière clope, pris des fous rires, fait des coups fourrés et des blagues. On est resté des heures à attendre qu'elle accouche en lui tenant la main. On a traqué sa femme dans des courses folles de voiture, tous phares éteints, pour s'assurer qu'elle n'était pas chez son amant. On les a soutenus pendant leur divorce. On a passé des heures à la consoler lors de la mort de sa mère. À le rassurer quand il a été viré. Ces gens-là ont pleuré avec nous, ri avec nous, craint avec et pour nous, écouté nos confidences les plus intimes, été les gardiens de nos secrets ; ne savent plus rien de nous. Rien de nos larmes, rien de nos rires, de nos peurs. Ils ne savent pas où nous en sommes, et nous ne savons plus rien d'eux. À part au détour d'une conversation peut-être ou une photo postée sur Instagram. Ces gens-là sont devenus les meilleurs amis de quelqu'un d'autre.

Ces gens-là, nous avons nous-même oublié qu'ils ont été les témoins de tant de choses. Oublié leur présence, leur existence, même en les revoyant. Pas d'émotion, ni de regret, ni de rancœur. Ils ont juste été de passage. À l'instar de ces collègues avec qui on a vécu des années, passé des heures, des jours, des semaines, des mois à se côtoyer, à se parler. Brèves entrevues (ou pas) devant la machine à café ; déjeuners interminables dans la cuisine du bureau ; confidences dans la salle de bain. Puis, plus rien. Ils ont été renvoyés, ont changé de poste ; nous, on a démissionné. Et voilà que ceux et celles qu'on a vu(e)s plus que nos enfants dans notre quotidien parfois morose se sont envolé(e)s dans la nature. Envolés comme nos amours.

On aura passé des nuits et des nuits à côté d'une femme. On l'aura serrée dans nos bras, caressée. On l'aura regardée dormir. On lui aura fait un enfant, puis deux. On l'aura aimée, haïe, trompée pendant des années ; et elle, elle passe désormais ses nuits et ses nuits aux côtés d'un autre. Cet être qu'on connaissait par cœur ne nous appartient plus. Il appartient à un(e) autre. Un(e) autre que l'on connaît. Forcément. C'est ce qu'on pourrait appeler le mercato des amours libanaises.

Saison estivale et transfert de compagnons. Je couche avec ton ex-amant, je me (re)marie avec ton ex-femme. Un troc digne d'un grand club échangiste où les femmes d'une même société se succèdent dans les mêmes draps élimés ; où des potes se font cocufier par leur meilleur ami. Joli transfert entre clubs de parties... de jambes en l'air.

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

UN REGARD ! UN ESPOIR ! UNE LARME ! UN SOUPIR !
LE TEMPS S,ECOULE ET TOUT N,EST PLUS QU,UN SOUVENIR !

VITESSE DE CROISIÈRE

J'en Neymar de ces trocs humains , et Médéa mieux que tous l'exprime avec acuité .

Houri Ziad

La photo est geniale.....et explicite....Merci Medea

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