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Moyen Orient et Monde - Éclairage

La polémique enfle autour des monuments confédérés

Après le drame de Charlottesville, des statues ont été rapidement déboulonnées, mais plus de 1 500 symboles sudistes demeurent encore dans l'espace public aux États-Unis.

« Appomattox », la statue en bronze d’un soldat confédéré, a été érigée dans la ville d’Alexandria il y a près de 130 ans. Elle tourne le dos à la capitale fédérale Washington et regarde vers le sud. C’est dans la petite ville d’Appomattox, en Virginie, que les troupes sudistes de la Confédération se sont rendues aux soldats nordistes de l’Union à l’issue de la guerre de Sécession (1861-1865), qui a mis fin à l’esclavage aux États-Unis. Paul J. Richards/AFP

Dressé au milieu d'un carrefour fréquenté de la ville d'Alexandria, tournant le dos à la capitale fédérale Washington, il regarde vers le sud, où se trouvent les champs de bataille de la guerre de Sécession sur lesquels sont tombés ses camarades. La statue en bronze de ce soldat confédéré, érigée il y a près de 130 ans, s'appelle Appomattox. C'est dans cette petite ville de Virginie que les troupes confédérées se sont rendues aux soldats de l'Union en 1865.
Elle fait partie des centaines de monuments rendant hommage aux soldats confédérés, morts pendant ce sanglant conflit de quatre ans. La polémique autour du devenir de ces symboles controversés du Sud esclavagiste n'a fait qu'augmenter ces dernières années. Et les événements tragiques de samedi dernier à Charlottesville ont remis de l'huile sur le feu. Une jeune femme de 32 ans a été tuée lors de violences entre suprémacistes blancs – protestant contre le retrait d'une statue du général sudiste Robert E. Lee – et contre-manifestants.
Le président Donald Trump, tout en déclarant ne pas vouloir agir politiquement dans ce dossier épineux, a semblé donner raison, mardi, aux défenseurs des monuments confédérés. « George Washington possédait des esclaves (...). Est-ce qu'on va enlever ses statues ? Et Thomas Jefferson ? Est-ce qu'on va enlever ses statues ? Il possédait beaucoup d'esclaves », a-t-il déclaré, en référence aux premier et troisième présidents des États-Unis, tous les deux morts bien avant la guerre de Sécession.

Une période noire
Des monuments confédérés ont déjà été retirés, notamment dans le Sud où il n'est pas rare de voir encore flotter des drapeaux confédérés, considérés comme des symboles racistes.
À Durham (Caroline du Nord), la statue d'un soldat confédéré érigée en 1924 a été abattue lundi par des manifestants, et, le même jour, une autre a été déboulonnée à Gainesville (Floride). À Nashville (Tennessee), des dizaines de manifestants ont réclamé le retrait du Capitole d'un buste de Nathan Bedford Forrest, général confédéré et fondateur du Ku Klux Klan.
Le maire de Lexington (Kentucky), Jim Gray, a annoncé samedi dernier sa volonté de déplacer deux statues confédérées. « La guerre de Sécession a été une période noire de notre histoire. Certes, nous ne devons pas oublier. Mais nous devons raconter avec exactitude et véracité ce qu'il s'est passé », a déclaré M. Gray. « À Lexington, se trouvait l'un des plus grands marchés aux esclaves d'Amérique. Nous ne pouvons pas continuer à rendre hommage à ces hommes qui se sont battus pour préserver l'esclavage, sur un sol où des hommes, des femmes et des enfants ont été eux-mêmes vendus comme esclaves », a justifié l'édile.
Baltimore, à 80 km au nord de Washington, a décidé d'agir sans coup férir : quatre statues – parfois monumentales – ont été retirées mardi et hier. « Il fallait qu'elles soient enlevées », a dit Catherine Pugh, la maire, au quotidien local Baltimore Sun. Récemment, des statues du général Lee, du général P.G.T. Beauregard et de l'ex-président des États confédérés Jefferson Davis ont été déboulonnées à la Nouvelle-Orléans (Louisiane). « La Confédération était du mauvais côté de l'histoire et de l'humanité », expliquait en mai Mitch Landrieu, son maire. « C'est cette histoire que nous ne devrions jamais oublier, et qu'il ne faudrait jamais remettre sur un piédestal pour l'y vénérer », avait-il ajouté.

La controverse du « General Lee »
La controverse autour du drapeau confédéré (baptisé « General Lee ») a été ravivée en juin 2015, après le meurtre de neuf Noirs dans une église de Caroline du Sud par un suprémaciste blanc, qui aimait poser avec ce drapeau. Un mois plus tard, cet État décidait d'enlever ce drapeau de son Parlement. L'Alabama de même.
Selon un rapport, en 2016, du Southern Poverty Law Center (SPLC), spécialisé dans les mouvements extrémistes et les droits civiques, plus de 1 500 symboles confédérés demeurent encore dans l'espace public aux États-Unis, la plupart dans le Sud. Ce chiffre inclut plus d'une centaine d'écoles publiques.
Pour leurs défenseurs, enlever ces symboles revient à effacer un pan de l'histoire américaine et de l'héritage sudiste. Mais, selon les historiens, la majorité a été érigée pendant la ségrégation raciale ou en réaction au mouvement des droits civiques des années 1960.
« Dans la plupart des cas, préserver l'histoire n'était pas l'objectif véritable de ces installations », a expliqué Richard Cohen, président du SPLC, soulignant qu'elles « ont parfois été érigées par provocation par des suprémacistes blancs opposés à l'égalité pour les Noirs ».

Chris LEFKOW/AFP

Dressé au milieu d'un carrefour fréquenté de la ville d'Alexandria, tournant le dos à la capitale fédérale Washington, il regarde vers le sud, où se trouvent les champs de bataille de la guerre de Sécession sur lesquels sont tombés ses camarades. La statue en bronze de ce soldat confédéré, érigée il y a près de 130 ans, s'appelle Appomattox. C'est dans cette petite ville de Virginie que les troupes confédérées se sont rendues aux soldats de l'Union en 1865.Elle fait partie des centaines de monuments rendant hommage aux soldats confédérés, morts pendant ce sanglant conflit de quatre ans. La polémique autour du devenir de ces symboles controversés du Sud esclavagiste n'a fait qu'augmenter ces dernières années. Et les événements tragiques de samedi dernier à Charlottesville ont remis de l'huile sur le feu. Une...
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