L’OPEP a rendu un rapport mitigé hier, optimiste sur la demande mais montrant aussi une hausse de la production du cartel. Archives Reuters
La production de pétrole brut de l'OPEP a légèrement progressé en juillet par rapport au mois précédent, soutenue par la Libye et le Nigeria mais aussi par l'Arabie saoudite, selon un rapport de l'organisation publié hier.
Ce rapport apporte des éléments mitigés sur le marché de l'or noir. Tout d'abord, le cartel a « confirmé ce que craignaient les investisseurs depuis plusieurs mois, à savoir une nouvelle augmentation de sa production », a commenté Enrico Chiorando, analyste chez Love Energy. En effet, la production de brut des 14 membres du cartel a atteint 32,87 millions de barils par jour (mbj) en juillet après 32,69 en juin, selon une estimation des sources secondaires (ne provenant pas directement des pays concernés) de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole. Or, l'OPEP et d'autres pays partenaires (dont la Russie) ont décidé fin 2016 de réduire leurs extractions jusqu'en mars 2018 pour limiter l'offre sur le marché mondial et tenter de redresser les prix du baril. Ces pays se sont réunis en début de semaine pour une réunion technique à Abou Dhabi, au cours de laquelle ils ont une nouvelle fois promis de respecter cet accord.
Mais si la production a décliné en Irak, en Angola et au Venezuela, pays touché par de graves troubles politiques, elle a en revanche augmenté en Libye, note l'OPEP dans son rapport mensuel. En raison des tensions géopolitiques, Tripoli est, comme le Nigeria, exemptée de l'accord de limitation de la production en vigueur. Une situation que le cartel « va peut-être devoir changer », a prévenu Neil Wilson, analyste chez ETX Capital. La production des deux pays a en effet été affectée par des conflits armés et des sabotages, mais elle semble avoir repris, poussant les investisseurs à appeler l'OPEP à leur fixer des objectifs de production.
L'Arabie saoudite, l'un des chefs de file du cartel et premier exportateur mondial, a également vu sa production progresser, modestement, de 31 800 barils par jour.
Optimisme de l'OPEP
« Le niveau d'adhérence aux objectifs est de 86 %, ce n'est pas mauvais (...) mais c'est moins bien qu'auparavant. Reste à voir si l'accord continue d'être de moins en moins respecté ou si le cartel peut redresser la barre », a ajouté M. Wilson.
Dans son rapport mensuel, le cartel a aussi apporté un élément plaidant plutôt pour une remontée des prix en relevant sa prévision de demande mondiale d'or noir, qui devrait progresser de 1,37 mbj à 96,49 mbj cette année puis de 1,28 mbj à 97,77 mbj en 2018. L'OPEP attribue cette révision aux performances économiques meilleures que prévu des pays développés de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) au deuxième trimestre.
Sur les marchés, les cours du pétole ont terminé en baisse hier soir. Le baril de « light sweet crude » (WTI) pour livraison en septembre, référence américaine du brut, a terminé à 48,59 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), perdant 97 cents par rapport à la clôture de mercredi. Sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre a perdu 80 cents et a fini à 51,90 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres.
Sources : agences


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