Des combattantes au sein des Forces démocratiques syriennes (FDS), en première ligne dans la bataille de Raqqa. Rodi Said/Reuters
L'avancée des Forces démocratiques syriennes (FDS), soutenues par les États-Unis à Raqqa, bastion des jihadistes en Syrie, est ralentie par les mines dont le groupe État islamique (EI) a truffé la ville, a affirmé une responsable militaire.
« Nos forces avancent doucement dans la ville », a expliqué Jihan Cheikh Ahmad, porte-parole de l'opération « Colère de l'Euphrate », nom donné à l'offensive pour reprendre Raqqa. « Depuis le début de l'opération, nous avons libéré neuf quartiers dans l'est et l'ouest de la ville, certains sont petits et d'autres plus larges. » Mais elles doivent faire face à la farouche résistance de l'EI qui s'accroche à cette ville considérée par le groupe jihadiste comme la capitale du « califat » qu'il avait proclamé en juin 2014. Elle a précisé que sept autres districts restaient à conquérir mais l'EI combat avec acharnement. « Assiégé de tous les côtés, l'EI n'a pas d'autres options que de se rendre ou de mourir, c'est ce qui fait que leur réaction est farouche », explique-t-elle. Selon la porte-parole, l'EI a posé « des mines sur chaque centimètre, c'est ce qui nous empêche d'avancer plus rapidement ». « Notre objectif ne consiste pas à libérer le terrain géographiquement mais de libérer aussi les civils se trouvant dans la ville. »
Jihan Cheikh Ahmad note également que l'EI dispose d'un grand nombre de tireurs embusqués et utilise des drones armés. Autre danger, les attaques surprises derrière les lignes de front des FDS. « Parfois, ils s'infiltrent derrière nos lignes grâce à des tunnels », dit-elle. Pour elle, néanmoins, la campagne se poursuit « de manière régulière, peu importe si c'est lent ». Les FDS sont soutenues par une coalition internationale, conduite par les États-Unis, qui les fournit en armes, les épaule de manière limitée avec des troupes au sol et de manière significative avec l'aviation.
Entre 20 000 et 50 000 civils coincés dans la ville
Les combats à Raqqa ont toutefois poussé des dizaines des milliers de civils à fuir, et beaucoup ont été blessés par des tirs ou par des mines de l'EI. L'ONU estime à entre 20 000 et 50 000 le nombre de civils encore dans la ville. D'autres estimations sont toutefois inférieures. Les Nations unies sont également préoccupées par le sort de milliers de personnes, notamment des femmes et des enfants, toujours coincées sous le feu des combats à Raqqa et sans possibilité d'accès à une aide humanitaire, a affirmé hier son porte-parole, Stéphane Dujarric.
Par ailleurs, des dizaines de membres des forces du régime et de jihadistes ont été tués dans le centre de la Syrie au moment où l'EI tente de contenir l'avancée des forces gouvernementales, a affirmé hier l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Avec l'appui de la Russie, l'armée syrienne mène une large offensive depuis des mois pour reprendre le vaste désert situé dans le centre du pays, vers les frontières irakienne et jordanienne. Elle a repris de larges parties du territoire à l'EI dans la province centrale de Homs mais les jihadistes ont lancé des contre-attaques dans ce secteur. L'OSDH a indiqué que l'EI avait mené au moins cinq attaques- suicide à la voiture piégée et disséminé des mines sur la ligne de front. Au moins 39 membres des forces gouvernementales ont été tués et 25 blessés ces dernières 24 heures, a précisé l'Observatoire. « Le régime s'est étalé le long de la ligne de front et maintenant Daech (acronyme arabe de l'EI) intensifie ses contre-attaques », a expliqué son directeur, Rami Abdel Rahmane. Selon lui, 31 jihadistes de l'EI ont également péri ces dernières 24 heures dans des combats avec le régime et des bombardements de l'aviation russe. L'agence officielle syrienne SANA a confirmé hier que des raids avaient frappé des positions de l'EI, dont un dépôt de munitions, dans la province de Homs. La "badiya" est une large région désertique qui s'étend sur 90 000 km². Depuis 2015, la majorité de cette région était tenue par l'EI, mais l'armée syrienne a lancé une offensive pour la conquérir depuis mai.
Source : AFP


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