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Mali: l'ONU enquête sur des fosses communes et des exactions dans le nord

AFP
06/08/2017

La Mission de l'ONU au Mali (Minusma) a fait savoir samedi qu'elle enquêtait sur l'existence de fosses communes et sur de nombreuses accusations de violations des droits de l'homme par des groupes armés tentant de contrôler la région.

Dans un communiqué, la Minusma indique avoir été informée "d'allégations d'abus et de violations graves des droits de l'homme, imputées respectivement (aux) mouvements signataires" de l'accord de paix signé en mai-juin 2015 entre les groupes armés pro-gouvernementaux, réunis au sein de la "Plateforme", et les groupes de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA, ex-rébellion à dominante touareg). Cet accord de paix est régulièrement violé depuis juin.

La Minusma a annoncé samedi avoir déployé "des équipes de la Division des droits de l'homme et de la protection, afin d'enquêter et de documenter ces éventuels abus et violations, notamment à Anéfis (région de Kidal, NDLR), où l'existence de charniers a été rapportée", ajoute le communiqué.

"Sur les 67 allégations, 34 ont pu être corroborées et confirmées, parmi lesquelles figurent notamment des disparitions forcées d'individus, y compris celles de mineurs, des cas d'enlèvement et de mauvais traitements, ainsi que des cas de destructions, d'incendie et de vols", rapporte la Minusma.

Les équipes de la Minusma ont "constaté sur place l'existence de tombes individuelles et de fosses communes", sans être en mesure d'établir pour le moment le nombre de personnes enterrées et les circonstances de leur décès, poursuit le communiqué, qui ajoute que les enquêtes vont se poursuivre notamment sur le sort des personnes disparues.

La Minusma s'est dite "aussi extrêmement préoccupée de la possible présence de mineurs dans les rangs des mouvements signataires, ce qui constitue de graves violations des droits de l'enfant en période de conflit armé".

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à el-Qaëda à la faveur de la déroute de l'armée face à la rébellion, d'abord alliée à ces groupes qui l'ont ensuite évincée.
Ces groupes armés en ont été en grande partie chassés à la suite du lancement en 2013, à l'initiative de la France, d'une intervention militaire internationale, qui se poursuit actuellement.
Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères, régulièrement visées par des attaques meurtrières, malgré l'accord de paix censé isoler définitivement les jihadistes.

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