Le supérieur général de l’ordre maronite libanais, l’abbé Nehmetallah Hachem, remettant à M. Aoun un cadeau commémoratif à l’occasion de la fête de saint Charbel. Photo ANI
« Avec toute notre solidarité avec les réfugiés, les Libanais espèrent que vous arriverez à rectifier le processus de leur retour sûr dans leur pays, loin des divergences politiques qui entravent les solutions souhaitées. » C'est par ces mots que le patriarche maronite, le cardinal Béchara Raï, s'est adressé hier au chef de l'État, Michel Aoun, dans l'homélie qu'il a prononcée à l'occasion de la fête de la saint Charbel.
La messe, présidée par Mgr Raï, a été célébrée au couvent Saint-Maron à Annaya, en présence notamment du président de la République et de son épouse, Nadia, du commandant en chef de l'armée, le général Joseph Aoun, du nonce apostolique, Gabriele Caccia, ainsi que de nombreuses personnalités politiques, militaires et diplomatiques.
S'adressant à M. Aoun, le patriarche a ajouté : « Nous connaissons vos bonnes intentions. Le peuple libanais résiste, convaincu que vous ressentez ses souffrances économiques, sécuritaires et sociales, ainsi que ses inquiétudes concernant l'avenir. Celles-ci s'accroissent avec la présence de deux millions réfugiés et déplacés qui prive le peuple libanais de ses moyens de subsistance, le laissant dans la pauvreté et la privation, et poussant les nouvelles générations à l'émigration. »
« Les Libanais savent que vous rejetez l'instabilité politique et la pratique politique basée sur les intérêts personnels et partisans au détriment du bien public », a poursuivi Mgr Raï. Il a dénoncé dans son homélie « la corruption qui sévit dans le pays » et « la course sectaire vers les fonctions publiques, en imposant le fait accompli, ce qui va à l'encontre de l'esprit de la Constitution, du pacte national et du mécanisme des nominations administratives ». C'est comme si « les ressources de l'État » sont à partager « sans aucune considération de l'amplification de la dette publique qui ronge le pays de l'intérieur » .
Samedi, Mgr Raï avait présidé la messe à Bkaakafra, village natal de saint Charbel, au stade sportif de la localité.


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13 h 29, le 17 juillet 2017