Sur cette photo diffusée hier par la famille de Liu Xiaobo après l’annonce de son décès en détention, on voit le dissident chinois et Prix Nobel de la paix (à gauche) aux côtés de son épouse Liu Xia, elle-même assignée en résidence surveillée dans sa maison de Pékin, le 22 octobre 2002. Famille Liu/Handout/AFP
Le dissident Liu Xiaobo, premier Chinois à avoir obtenu le prix Nobel de la paix, est décédé hier d'un cancer, sans que le régime communiste le laisse finir ses jours en liberté à l'étranger. Le Comité Nobel de la paix a aussitôt accusé la Chine de porter « une lourde responsabilité » dans la mort « prématurée » de l'opposant, en le privant de soins médicaux adaptés.
Liu Xiaobo est le premier Prix Nobel de la paix à mourir privé de liberté depuis le pacifiste allemand Carl von Ossietzky, décédé en 1938 dans un hôpital alors qu'il était détenu par les nazis. Âgé de 61 ans, ce symbole de la lutte pour la démocratie dans le pays le plus peuplé du monde avait été admis à l'hôpital universitaire n°1 de Shenyang, dans le nord-est de la Chine, après plus de huit années passées en détention. Son décès a été annoncé par le bureau des affaires juridiques de la ville.
Ancienne figure de proue du mouvement démocratique de Tiananmen en 1989, bête noire du régime communiste, l'écrivain et professeur de littérature avait bénéficié d'une mise en liberté conditionnelle après le diagnostic, en mai, d'un cancer du foie en phase terminale. La nouvelle de son hospitalisation n'avait été annoncée que fin juin. Plusieurs organisations de défense des droits de l'homme et des proches de M. Liu avaient alors reproché à Pékin d'avoir attendu que son état de santé empire avant de lui permettre de sortir de prison, mais les autorités avaient affirmé qu'il était soigné par des cancérologues réputés. Le dissident avait fait savoir qu'il souhaitait suivre un traitement à l'étranger, un appel relayé par la communauté internationale mais rejeté par Pékin, qui y voyait une ingérence dans ses affaires intérieures.
Liu Xiaobo avait été arrêté en décembre 2008 puis condamné, un an plus tard, pour subversion à 11 ans de prison. Le régime lui reprochait d'avoir corédigé un manifeste, la Charte 08, prônant des élections libres. Son nom était tabou dans la presse et Liu Xiaobo était inconnu du grand public en Chine.
Source : AFP

