La Dernière

Escape the Room, ou comment (s’)en sortir

Beyrouth insight

Ce concept international a débarqué au Liban. Adapté, personnalisé, il fait la joie des 7 à 77 ans... mais surtout celle des 18-28 ans.

13/07/2017

Non, il ne s'agit pas de s'échapper d'un lieu sombre, paniquant, paniqués. Il ne s'agit pas d'effets angoissants, sons et lumières de films (B) d'horreur facile. Escape the Room est un jeu grandeur nature qui requiert logique, observation (aiguë), patience et un sens de la communication. Il s'agit en effet de s'échapper d'une pièce, sauf qu'elle est mise en scène autour d'un thème particulier, dans laquelle les joueurs sont enfermés, avec leur consentement bien sûr! Découvrir les indices, les suivre, constituer avec tous ces éléments additionnés un puzzle géant dans sa tête pour enfin, au bout de 60 minutes au maximum, trouver la clef, le code ou le chiffre magique qui leur permettra, victimes consentantes, de (s'en) sortir.

Stefano De Luca, comme les millions d'aficionados qui ont succombé au charme du jeu dans le monde, a découvert le concept en l'essayant à Paris où, après des études en génie mécanique à l'AUB, il achevait un Master à HEC. « J'ai tellement aimé le projet que j'ai décidé de l'adapter au Liban. » Avec la complicité de Michèle Azrak, les yeux aussi bleus que son nom, détentrice d'un bachelor en marketing et commerce international à Montréal où elle est née, l'idée prend forme, prend le nom de Escape the Room et se précise dans un lieu, une vieille maison sur l'escalier Saint-Nicolas à la rue Gouraud. Le succès vient très vite grâce à un joyeux effet « boule de neige », un rafraîchissant bouche à oreille surtout, et les très efficaces réseaux sociaux.

Pour expliquer avec efficacité mais sans longs discours ce qu'ils font, les deux complices, au lieu de présenter une carte de visite, vous présentent une petite boîte en bois sur laquelle est imprimé leur logo. En fait une « bombe à retardement » qu'il faut essayer de désamorcer en 3 minutes, en suivant les indices et codes qui y sont cachés. L'avant-goût est parfait et certainement inachevé. Il ne reste plus qu'à tester le jeu en vrai, à trois ou plus, jusqu'à 5 personnes.

De parfaites mises en scène
Direction donc Gemmayzé où le joueur est accueilli dans une maison aux murs en pierre. Une réception pour les inscriptions, le record du temps à battre, affiché sur un tableau, puis, au choix, une des deux pièces où tout se passe. « Nous changeons de thème en général tous les six mois, confie Stefano De Luca. Nous prenons tout le temps nécessaire à mettre au point le déroulement du jeu, la mise en scène, la décoration, pour qu'elle soit au plus proche du thème, et la création d'indices posés dans un rythme précis. » Aujourd'hui, nous avions le choix entre le Barbershop et le Castle. Dans le premier, deux salles, tels des décors de théâtre où aucun accessoire n'est oublié, invitent le joueur à se perdre dans un salon de coiffure pour homme et sa chambre cachée. L'ambiance est parfaitement recréée et l'envie de s'y perdre est naturelle. Le jeu démarre et, de chiffres en lettres, de fil en aiguille aussi, les joueurs voient plus clair, devinent, s'excitent et s'amusent.

Une heure plus tard, rendez-vous au Castle. Un château où tous les détails ont été placés, posés, cachés, pour créer l'atmosphère des lieux en même temps qu'un certain mystère. Un parquet vieilli, des barils, de vieilles tables, des chaînes et autres éléments transportent les participants dans une autre époque. Le (second) jeu peut commencer. Surprenant, ludique et intelligent, nécessaire et agréable à l'heure des tablettes qui encouragent une certaine paresse intellectuelle. On y est pris comme dans une belle addiction.

Stefano De Luca et Michèle Azrak ne sont pas vraiment étonnés. Ils y croient et y mettent toute l'énergie et la logique nécessaires pour en faire le game to play entre amis, mais aussi en famille. « Ça crée des liens entre les générations et peut-être une meilleure communication, plus amusante », précise le duo. Dans leurs projets à venir, aussi, outre un nouveau thème prévu pour fin septembre, concevoir une version mobile et, d'autre part, organiser des événements corporate pour les sociétés. Une manière de tester les capacités individuelles et collectives et renforcer les liens des employés. Même s'ils en ont fait un travail à plein temps qui, parfois heureusement, est un véritable casse-tête, Stefano De Luca, 27 ans, confie en souriant : « Je ne connais pas beaucoup de métiers où l'on joue du matin jusqu'au soir ! »

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