En signe de protestation contre le saccage vendredi dernier du Centre hospitalier de Bhannès (Metn) et les agressions dont ont été victimes plusieurs membres du personnel médical, le président du syndicat des hôpitaux, Sleiman Haroun, les présidents des ordres des médecins de Beyrouth et du Liban-Nord, Raymond Sayegh et Omar Ayache, ainsi que la présidente de l'ordre des infirmières et infirmiers, Nohad Doumit, ont tenu hier une conférence de presse au siège du syndicat des hôpitaux (secteur du Palais de justice) au cours de laquelle ils ont appelé les autorités à sévir. Faute de quoi, ont mis en garde les intervenants, « des mesures seront prises pour tenter de mettre fin à la loi de la jungle qui sévit dans le pays ».
Vendredi, Raymond Moujaes, un photographe chargé d'éterniser les moments d'un mariage célébré à Btegrine (Metn), a été blessé par les balles qu'a tirées en signe de joie un convive, Joseph Saliba. Des hommes qui l'ont aussitôt transporté à Bhannès s'en sont pris au corps médical et ont saccagé différentes salles de l'établissement hospitalier.
Dimanche, c'était au tour du fils de la victime de forcer la porte des soins intensifs où était soigné son père, d'y frapper une infirmière et de basculer une chaise.
La conférence de presse a été précédée par la diffusion de films pris par les caméras de surveillance de l'hôpital de Bhannès, montrant la prise en charge immédiate du blessé par le personnel médical, ainsi que les scènes d'agression dans les salles d'urgences et de radiologie, dans le bureau du directeur administratif et dans le service des soins intensifs.
Prenant la parole, Raymond
Sayegh a lu le communiqué condamnant la violence de ces actes, appelant « les forces de l'ordre et le pouvoir judiciaire à se mobiliser et à prendre des mesures fermes pour empêcher la poursuite de telles agressions, et ôter toute couverture politique dont pourraient bénéficier les agresseurs ». Le texte ajoute que « la persistance de ce fléau poussera le corps médical à adopter les mesures qu'il jugera opportunes ». M. Sayegh a demandé dans ce cadre aux médias de se mobiliser pour empêcher que « le pays se transforme en une jungle dont on ne saurait être fier ».
M. Haroun a, pour sa part, affirmé que « la santé et la sécurité des médecins, infirmiers et techniciens qui œuvrent dans les hôpitaux sont aussi importantes que celles des malades », soulignant que « nul d'entre nous n'est disposé à s'exposer à l'humiliation et à l'insécurité ». Et d'indiquer que « les différentes parties politiques contactées ont affirmé que les délinquants ne bénéficient d'aucune couverture politique », se demandant « pourquoi donc ceux-ci ne sont-ils pas appréhendés ? » .
Le président du syndicat des hôpitaux a en outre révélé que son instance était sur le point d'exprimer sa protestation par la fermeture des salles d'urgences dans les hôpitaux jusqu'à ce que les coupables soient arrêtés, mais sur exhortation du ministre de la Santé, Ghassan Hasbani, elle y a renoncé.
Selon la LBCI, le commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, Sakr Sakr, a déféré hier le dossier de l'incident de Bteghrine à la Cour de justice militaire.
Liban - Incident De Bteghrine
Mise en garde des différents ordres médicaux
OLJ / le 06 juillet 2017 à 00h00

