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Culture

Greta Naufal donne des couleurs aux notes bleues

Édition

L'artiste peintre rassemble une centaine de portraits de jazzmen dans « Jazz Pulse »*. Une véritable fresque musicale sur papier.

20/06/2017

Duke Ellington, Miles Davis ou encore Carla Bey : les musiciens se meuvent sous le pinceau de l'artiste libanaise Greta Naufal. Son livre Jazz Pulse (éditions Antoine) produit par la galerie Janine Rubeiz, où elle exposait récemment ses travaux, rend un vibrant hommage aux icônes qui ont marqué la musique afro-américaine. « Chaque jazzman joue seul, mais c'est tellement beau quand ils jouent ensemble. J'avais besoin de les réunir », explique la fille du musicien oudiste Georges Naufal. Au total, une centaine de portraits réalisés entre 1990 et 2013 y sont représentés, « c'est un journal de vie ».
Dessiné dans un halo de peinture verte, Clifford Brown est en transe alors que Louis Armstrong, possédé, souffle de tout son saoul dans son cuivre rouge pourpre. Envoûtée, une femme se déhanche sur les rythmes infernaux de Miles Davis... Chaque trait de pinceau raconte une histoire mise en lumière par des nuances colorées, par un trait furtif ou des lignes qui s'impriment comme une vision onirique d'un soir enfumé dans un bar. Les couleurs claquent là où les expressions frappent. « Je voulais cerner le sujet, le faire surgir », affirme l'artiste. De l'Orient à l'Occident, artistes américains, arabes ou encore européens, sont happés par la tornade Greta Naufal.
Les couleurs des peintures s'entrechoquent dans un désordre minutieusement organisé. Un travail réfléchi, loin de s'apparenter à un simple album « fourre-tout ». Les jazzmen communiquent entre eux, à l'instar de Django Reinhart qui lance un regard saisissant à son confrère Paal Nilseen-Love, dont le portrait est couché sur la page précédente.
Dans cet ouvrage, rien n'est laissé au hasard. « Nous avons choisi Oran Page pour la couverture, car sa musique est vibrante, tandis que celle de Chet Baker est entrecoupée de silences. »
« Beirut Blues » à Stockholm en 1999, « Exhibition Jazz Portrait » à Beyrouth en 2003, ou plus récemment « Jazzimagination » en 2009 à Stockholm, autant d'expositions que l'artiste réunit dans Jazz Pulse. « C'était trop brouillon, je voulais rassembler mes travaux. » Plusieurs artistes participent au projet, à l'instar du photographe américain William Wareing, la graphiste libanaise Caroline Dagher ou encore la poétesse libanaise Etel Adnan qui signe la préface. « C'est un travail de collaboration », insiste Greta Naufal.
Après s'être inspirée des Noubas du Soudan, des conséquences de la guerre civile libanaise (1975-1990) ou encore de la maternité, la détentrice du prix Juhayna Baddoura s'attarde depuis une quinzaine d'années sur les expressions de ces jazzmen qu'elle connaît bien. Un livre que l'artiste dédie à tous les amoureux de la note bleue...

*Ouvrage disponible à la librairie Antoine. Édition limitée.

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