Achraf Rifi, hier, avec les responsables de l'Université arabe à Tripoli (photo Ani).
L'ancien ministre de la Justice Achraf Rifi a ouvertement appelé hier à la chute du gouvernement et la formation d'une équipe ministérielle transitoire qui serait chargée d'organiser les législatives prévues en 2018.
S'exprimant lors d'une visite à l'Université arabe de Beyrouth, M. Rifi s'est dit « choqué » de l'absence de certains points essentiels dans la nouvelle loi électorale. « Il s'agit notamment de la commission indépendante de contrôle des élections, ainsi que du quota féminin et de la baisse de l'âge de vote », a noté l'ancien ministre, précisant que « cette donne accentue le communautarisme et renforce l'hégémonie du Hezbollah sur le prochain Parlement ». Achraf Rifi s'est, par ailleurs, dit « désolé » du fait que la nouvelle mouture de la loi électorale prévoit « un partage communautaire et confessionnel, à l'heure où l'accord de Taëf veut mener le pays au stade national », notant que « tout le monde sait que certains cazas ont été taillés sur mesure conformément à des considérations très spéciales ». « Pour toutes ces raisons, j'appelle à la chute du gouvernement et à la formation d'une équipe ministérielle transitoire qui serait chargée d'organiser les législatives », a lancé l'ancien ministre de la Justice, plaidant pour un cabinet qui ne comporterait aucun candidat.
Pour ce qui est de la troisième prorogation de la législature, Achraf Rifi a noté que « rien ne la justifie, d'autant que la seule difficulté de la proportionnelle réside dans le décompte des voix, une tâche dont se chargeront les fonctionnaires », estimant que c'est à la faveur du compromis politique conclu avant la tenue de la présidentielle que le scrutin a été reporté.


M. Achraf Rifi est un vrai patriote. Il lui convient de présenter des listes là où il aurait de bonnes chances de gagner des sièges aux prochaines élections législatives.
20 h 02, le 17 juin 2017