Theresa May et Emmanuel Macron ont assisté hier soir au Stade de France à un match amical France-Angleterre remporté par la France (3-2). Le mach avait été précédé d’un vibrant hommage aux victimes des attentats de Londres et Manchester. AFP/Thomas Samson
« Le calendrier pour les négociations du Brexit est maintenu et elles commenceront la semaine prochaine », a assuré la Première ministre britannique Theresa May, hier soir à Paris, aux côtés du président français Emmanuel Macron, dans le jardin de l'Élysée. M. Macron venait de redire son souhait que ces négociations « démarrent le plus rapidement possible ». Comme le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, l'avait déjà fait dans la journée, M. Macron a lancé que « la porte (était) toujours ouverte » pour que le Royaume-Uni reste dans l'Union européenne « tant que la négociation du Brexit n'est pas achevée ». Mais « une fois commencée, il est beaucoup plus difficile de revenir en arrière », a ajouté M. Macron, qui a affirmé « respecter la volonté du peuple britannique ».
Mme May, en pleine tourmente après ses législatives ratées, va devoir aborder ces négociations en position fragilisée, contrastant avec le triomphe presque insolent de la stratégie électorale du nouveau président français. Ses partisans sont en position de rafler une large majorité absolue, dimanche, au 2e tour des législatives. Interrogée pour savoir si son propre affaiblissement politique la ferait revenir sur l'hypothèse d'un « Brexit dur », Mme May a affirmé qu'il existait « une volonté commune au sein du peuple britannique puisqu'il a voté pour quitter l'UE (...) que leur gouvernement le fasse, et en fasse un succès ». Ce processus mènera à « un arrangement, concernant le Brexit, qui servira les intérêts du Royaume-Uni et ceux des 27 membres de l'Union européenne », a-t-elle ajouté.
Évoquant la coopération antiterroriste, quelques jours après les attentats de Londres et de Manchester, M. Macron a affirmé avoir travaillé « depuis plusieurs jours » avec Mme May « sur un plan d'action très concret », visant notamment à « renforcer les obligations des opérateurs en ligne pour supprimer les contenus qui promeuvent la haine ». Le G7, réuni fin mai en Sicile, avait signé une déclaration commune sur le terrorisme, dans laquelle il accentuait la pression sur les grands groupes internet pour qu'ils luttent davantage contre les contenus radicaux, à la demande de la Grande-Bretagne.
« Nous avons décidé ensemble d'aller plus loin », a souligné M. Macron. Mme May a rappelé « il y a quelques semaines que ce sont durant les deux premières heures » après un attentat « que 50 % des esprits qui peuvent être manipulés sont touchés », a-t-il expliqué, donc les opérateurs doivent « prendre des engagements pour agir dans les 48 heures ». Il faut que, « dans des conditions qui préservent la confidentialité, les messageries ne soient pas les outils des terroristes », a-t-il insisté. « Nous lançons une campagne conjointe britannico-française pour faire en sorte qu'internet ne puisse pas servir de lieu sûr pour les criminels et les terroristes, et d'endroit où afficher des matériels visant à la radicalisation qui mènent à tant de mal », a déclaré de son côté Mme May. Un point « crucial » dans ce projet sera de réfléchir à la possibilité de poursuivre les opérateurs, a-t-elle encore dit, « s'ils ne font pas ce qu'il faut pour faire retirer ces contenus inacceptables ».
À ce sujet, M. Macron a assuré le président de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), Guido Raimondi, que le projet de loi antiterroriste sera « respectueux de l'État de droit et de la liberté d'expression », a indiqué l'Élysée en soirée.
Source : AFP


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