Dimanche, le PDG de Qatar Airways Akbar al-Baker avait dévoilé une hausse de 22 % du bénéfice net de la compagnie à 540 millions de dollars pour son exercice 2016/17. Archives Reuters
Le patron de Qatar Airways, Akbar al-Baker, a appelé hier l'Organisation de l'Aviation civile internationale (OACI) à déclarer « illégal » l'embargo imposé à son pays par l'Arabie saoudite et ses alliés, y voyant « un blocus » qui viole la convention internationale sur le transport aérien.
Riyad et ses alliés du Golfe, ainsi que l'Égypte et le Yémen, ont rompu lundi dernier leurs relations diplomatiques, puis fermé leurs frontières aériennes, maritimes et terrestres avec l'émirat, accusé de complaisance envers les islamistes et l'Iran. L'Autorité de l'Aviation civile des Émirats arabes unis (EAU) a fermé l'espace aérien à tout trafic vers et en provenance de Doha jusqu'à nouvel avis.
« Nous avons des voies légales pour nous opposer à cela », a déclaré M. Baker sur CNN, indiquant qu'il avait fait appel à l'OACI, agence des Nations unies qui veille au respect de la Convention de Chicago de 1944 sur le droit aérien international, dont les EAU, l'Arabie saoudite et Bahreïn sont signataires. « L'OACI (...) devrait s'engager massivement, mettre tout son poids pour déclarer cette mesure illégale », a-t-il déclaré. Indiquant que 18 destinations étaient désormais fermées à sa compagnie, il a également reproché à Riyad et Abou Dhabi d'avoir fermé les agences de la compagnie sur leur sol. « Nous avons été placés sous scellés comme s'il s'agissait d'une organisation criminelle. Nous n'avons pas le droit de rembourser nos passagers. »
Par ailleurs, dans une interview au Wall Street Journal, M. Baker a assuré qu'il ne retarderait pas pour autant ses commandes d'avions ni ne placerait ses projets de développement dans d'autres pays en suspens. Dimanche, Qatar Airways avait tenu à afficher sa bonne santé en dévoilant un bénéfice net en hausse de 22 %, à 540 millions de dollars pour son exercice 2016/17 clôturé au 31 mars, soit avant l'éclatement de la crise.
En parallèle, la compagnie saoudienne Flynas a invité hier dans un message sur son compte Twitter « les employés saoudiens travaillant sur des Airbus A320 de Qatar Airways » à la rejoindre. Flynas a dit rechercher non seulement des pilotes, mais aussi des commerciaux, des agents de sécurité et de maintenance.
Sources : agences

