Afghanistan
La contestation se durcit à Kaboul, les autorités inquiètes
Les autorités afghanes ont menacé, hier, de poursuites judiciaires des manifestants antigouvernementaux à Kaboul, où de nouveaux sit-in de protestation sont apparus après une semaine marquée par des attentats meurtriers et de violents affrontements. Kaboul demeure sous haute tension depuis l'attentat dévastateur qui a frappé, le 31 mai, le quartier diplomatique. Au moins six rassemblements sont en cours pour protester contre la détérioration catastrophique de la situation sécuritaire dans la capitale afghane, dont un près du site de l'explosion, où la mobilisation avait démarré dès le surlendemain de l'attentat. Des centaines de personnes y participent. Une grande partie de la capitale est bloquée à la circulation, avec des conteneurs et des blindés à plusieurs carrefours. Les protestataires, dont plusieurs ont été tués lors de heurts avec la police la semaine dernière, réclament notamment la démission du gouvernement afghan. Le président Ashraf Ghani, qui a fermement rejeté cette demande ainsi que les appels à limoger le puissant conseiller à la Sécurité nationale, Hanif Atmar, a exigé la fin immédiate des protestations. Mais les manifestants tiennent bon, en dépit des menaces d'attentats qui planent toujours sur la ville. « Tout usage de la force contre notre mobilisation civique mènera à une catastrophe », a averti, sur Facebook, l'un des chefs de file du mouvement, Asaar Hakimi. « Nous continuerons nos manifestations jusqu'à ce que nos exigences soient satisfaites », a-t-il poursuivi. L'attentat du 31 mai et la mobilisation qui s'en est suivie ont ravivé les tensions politiques et ethniques, qui fragilisent le gouvernement afghan, et toute violence entre manifestants et forces de sécurité risque de dégénérer en chaos. Nombre de voix, dont celle du chef de guerre Gulbuddin Hekmatyar, récemment rallié au gouvernement, se sont élevées pour appeler à la paix. En outre, un hôpital géré par une organisation italienne s'est dit inquiet pour la sécurité de son personnel, en raison de la présence des manifestants à proximité de ses locaux.
Moyen Orient et Monde
Brève
OLJ / le 09 juin 2017 à 00h00


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