Mon Jeddo m'a appris ce que c'était d'aimer la vie et de se battre pour elle.
Certains se souviendront de ses convictions profondes et de sa droiture. D'autres de son sens du devoir envers les autres. À 90 ans passés, médecin de profession et de cœur, il soignait et s'occupait encore des moins fortunés au dispensaire. C'était un homme bon, comme on en voit rarement de nos jours. Mais pour moi, au-delà de ses qualités, c'est son rapport à la vie que j'aimerais que le monde retienne. Mon grand-père voyait dans les choses simples de la vie la marque de Dieu et en dégageait toute sa beauté. Un oiseau qui se pose sur une branche à ses côtés et chante au soleil levant. Une symphonie de Beethoven par un jour gris d'automne. Le rire de ses petits-enfants. Il voyait la beauté dans le miracle d'être, tout simplement.
Il aurait tant voulu partager cette foi, dont il était si reconnaissant, avec le monde. Alors aujourd'hui, en son nom, je partage l'un de ses poèmes, un hymne à la foi et à la vie.
« Toujours notre voile
Sous le regard des Cieux
Glisse avec une étoile
D'un pas lent, silencieux
L'onde qui la supporte
N'est rien quand elle gronde
La vague qui l'emporte
Et se joue sur la ronde
Est impuissante à l'engloutir
Si Dieu daigne la soutenir »
Hector Nahas
Tu vas nous manquer Jeddo.
Rayan


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