L’épiscopat est critiqué depuis une dizaine de jours pour n’avoir pas pris position contre Marine Le Pen. Éric Gaillard/Reuters
Le président de la Conférence des évêques de France (CEF), Mgr Georges Pontier, a estimé hier que « le rôle de l'Église est, plus que jamais, de ne pas prendre parti pour l'un ou l'autre candidat », et dénonce un « climat hystérisé » à trois jours du second tour de la présidentielle.
L'épiscopat est critiqué depuis une dizaine de jours pour n'avoir pas pris position contre la présidente du Front national Marine Le Pen, alors qu'un vote pour le candidat d'En marche ! Emmanuel Macron est rejeté par une frange conservatrice de l'électorat catholique. Une vingtaine d'évêques se sont toutefois exprimés à titre personnel, certains rappelant des principes devant éclairer le choix des électeurs, d'autres – plus nombreux – en rejetant plus ou moins directement les thèses de l'extrême droite.
« Les plus orphelins »
À rebours, Mgr Dominique Rey, évêque du diocèse de Fréjus-Toulon où Marine Le Pen est arrivée en tête au premier tour avec 30,43 %, a invité ses fidèles à « choisir en conscience », en ignorant « les exclusives de la médiacratie ou les consignes du prêt-à-penser ».
« Je perçois un certain émoi, du désarroi chez un nombre important de catholiques qui n'arrivent pas trop à se situer », a-t-il expliqué lors d'un entretien avec l'Association des journalistes d'information religieuse (AJIR). « Il faut rester à notre place, située à distance, rappeler des principes mais ne surtout pas donner de consigne de vote », a ajouté cette figure influente dans les milieux conservateurs.
Pour Jérôme Fourquet, de l'institut de sondage IFOP, « les catholiques pratiquants sont l'un des groupes les plus orphelins au second tour », puisque seuls 34 % d'entre eux ont choisi au premier tour l'un des deux finalistes (19 % Emmanuel Macron, 15 % Marine Le Pen, contre 46 % pour François Fillon). Cela explique, selon lui, des « prises de position de l'épiscopat moins stabilisées » que par le passé.
Source : AFP
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L'Eglise n'a certainement pas à prendre parti pour l'un ou l'autre candidat. Cependant, elle peut rappeler les grandes lignes de la doctrine de l'Eglise en matière sociale, éthique, familiale...Or l'épiscopat français a dénoncé certains points de vue jugés peu conformes à l’Évangile de Marine le Pen (sans la nommer), mais s'est bien gardé de faire la même critique envers son concurrent!
07 h 16, le 04 mai 2017