La Dernière

Quand la bédé suisse rencontre son double libanais

échappée belle

Face à face, à Station*, entre des œuvres d'illustrateurs plus ou moins connus de Suisse et du Liban.

21/04/2017

Pour fêter les vingt ans du Prix Rodolphe Töpffer (inventeur suisse de la bande dessinée), l'exposition BANG ! est l'occasion de revenir sur l'histoire du neuvième art et sa place au Liban. L'initiative est née d'un hasard, celui de la rencontre entre Nabil Canaan, directeur de la plateforme culturelle Station à Beyrouth, et Domique Berlie, conseiller culturel livre et édition à Genève. Tous deux passionnés de bande dessinée, ils ont eu l'idée de se faire rencontrer les scènes de leurs deux petits pays. « C'est important de créer un dialogue entre les artistes du monde entier, explique le Suisso-Libanais Nabil Canaan, et je revendique, à travers cette exposition, les valeurs suisses que sont la diversité, la tolérance et la neutralité. Car la BD n'est plus ce livre enfantin que l'on connaît, elle a évolué et s'empare à présent de sujets contemporains porteurs de sens. » « La BD a un réel rôle social et de critique, son pouvoir est de parler des sujets tabous », ajoute l'organisateur de l'événement. L'accessibilité du neuvième art et la corrélation entre l'écrit et le dessin sont intéressantes, surtout dans le monde arabe. Le format de la bande dessinée permet d'émettre des critiques pas toujours possibles sous d'autres formes, souvent censurées.

Au-delà des bombes
BANG ! permet de regrouper des artistes de la BD plus ou moins connus, mais aussi des éditeurs et des artistes locaux. Le neuvième art s'adresse à tout le monde et, selon Dominique Berlie, « l'école libanaise, avec sa culture et son histoire, a beaucoup à montrer ». Mais Nabil Canaan tient à ce que les éditeurs et le public découvrent qu'au Liban, « les histoires vont au-delà des bombes ». Il s'agit de sortir de ce que l'on a tendance à rallier au pays du Cèdre pour aller à la rencontre de sa créativité. « Avec BANG!, l'intérêt n'est pas uniquement de montrer la création suisse, mais aussi celle de notre scène locale », ajoute le propriétaire de Station. Le Liban compte beaucoup d'artistes reconnus, mais aussi des artistes émergents. Cet événement leur permet de présenter leurs œuvres et donne un aperçu de la relève. Pour les jeunes fondateurs de Waraq, une association culturelle qui a pour but de soutenir des artistes, des illustrateurs et des designers de la région, pouvoir être exposés ici est une bonne vitrine pour leur projet et leur permet de rencontrer du monde. Avec BANG !, les visiteurs peuvent donc retrouver une multitude de livres et d'histoires. Cette exposition est également un appel à la réflexion car, pour Nabil Canaan, « la bande dessinée amène à réfléchir sur le monde qui nous entoure ».

*Station Beirut
Jisr el-Wati, jusqu'au 30 avril.

Retour à la page "La Dernière"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Dernières infos

Les + de l'OLJ

1 / 1

Les signatures du jour

L’édito de Ziyad MAKHOUL

Quatre jihadismes, une métastase

Le Journal en PDF

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

X
Déjà abonné ? Identifiez-vous
Vous lisez 1 de vos 10 articles gratuits par mois.

Pour la défense de toutes les libertés.