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Culture - Éclairage

Mais qui est donc ce célèbre inconnu de Tabaris ?

Cela fait plusieurs semaines que trône sur la place le portrait géant d'un blond, parfait inconnu selon les critères média-sociaux et portant le nom de George Martinos...

La publicité avait déjà été repérée sur la route de Damas, à quelques mètres de la rédaction de L'Orient-Le Jour, sans doute pour titiller la curiosité de l'équipe culturelle. Alors, quand son portrait à la David Hamilton, ou presque, est apparu à Tabaris, il devenait clair que l'industrie musicale mettait le paquet pour imposer sa dernière trouvaille. Pourtant, tout sur ce visuel appelait au doute, voire à la blague. Parce que le portrait de ce blond semblait tout droit sorti des greniers et des soap opéras avec lesquels la télé nous abreuvait dans les années 80. On le voit bien déclamer « Mais tu n'es pas à ma place, Kevin » avec l'assurance de celui conscient d'être l'égal de sir Laurence Oliver. Et alors qu'en 2017, 100 % des chanteurs libanais sont bruns et ténébreux, George Martinos, lui, ressemble à un Jean-Pierre François qui aurait donc survécu. Mais là ou l'ex-footballeur des années 80 avait un côté bas du front ténébreux animal, M. Martinos présente un portrait angélique, naïf, à la limite du strabisme convergent, avec un bout du nez rosi par le froid, une grande chevelure blonde à la Kurt Cobain, mais propre, et une barbe taillée à la George Michael. Le tout dans un portrait filtré à la manière du spécialiste des jeunes filles en fleurs. C'est un problème de n'être comparé ou associé qu'a des artistes morts ou disparus...

 

Rendons à George...
George Martinos est « singer/composer/lyricist/arranger » et a bien travaillé sa présence médiatique, puisqu'il est abonné à toutes les plateformes possibles, même LinkedIn, Tinder et Grinder restant des inconnues. Il cumule même quatre pages officielles sur Facebook, deux à son nom, une officielle pour ses fans et une pour son studio. Mais aucune ne dépasse 399 abonnés, et si on enlève les membres de sa famille et ses avatars, il ne reste plus grand monde. 187 abonnés sur Youtube, 829 sur Twitter et quand même 3 793 sur Instagram, avec de bons scores de like, il faut rendre à George ce qui appartient à George.

Mais ces chiffres sont très éloignés des chanteurs qui se payent des affiches à Tabaris: Waël Kfoury est à 119 000 abonnés, Amr Diab à 5,2 millions ou encore George Wassouf à 215 000. Le mystère perdure : son assise populaire est loin d'être des plus impressionnantes. À la lecture de sa bio, et toujours dans un souci d'accumulation, on apprend qu'il est gréco-libano-americain, qu'il a étudié le « civil law et la musicology », et qu'avec son frère jumeau Alain, il avait monté un duo sobrement appelé Twins AG, qui a, dans les années 2000, réussi une entrée remarquée sur la scène médiatique libanaise et arabe grâce à des interviews, des couvertures et des passages télé. Aucun chiffre de vente de disques ou d'écoutes, cela n'a pas l'air d'être la préoccupation première du chanteur. Alain ayant disparu des pages Google entre-temps, George Martinos, après un passage par la Suisse et une activité de coach vocal, est donc de retour à Beyrouth pour le lancement de son nouvel album. En grande pompe, et avec un soutien fort de pages de Google images remplies de portraits de lui, face camera, tous plus kitsch les uns que les autres. Aucun naturel n'est recherché, juste lui dans des accoutrements, le montrant à la recherche de son style et de sa voix, un coup en motard, un coupe en garçon coiffeur, un coup en chanteur lyrique (il est contre-ténor), un coup en personnage de La petite maison dans la prairie.

Et le mystère s'épaissit encore à la lecture de ses hashtags #trendsetter #nutrition #lebanonfashion #famous. Là encore, à nouveau, pas une seule fois il ne parle de chant, de musique ou d'art. Un artiste, ou plutôt une personnalité typiquement 2017, qui pense plus à la forme qu'au fond, qui met la charrue des médias avant les bœufs de la culture. Dans une quête vaine et perdue d'avance de notoriété et d'exposition, plus aucun recul n'est nécessaire, on accumule ce qu'il faut pour attirer les gens, n'importe quelles gens. Et ça donne un gloubi-boulga suranné et décalé, ne mettant pas du tout en avant et en valeur le talent que ce jeune homme dit avoir.

En réalité, si George Martinos est sur Tabaris, c'est juste parce qu'il peut se le payer.

 

P.-S.: précisons tout de même à ce monsieur Martinos que s'il lit L'OLJ, il ne doit pas se fâcher: en 2017, toute publicité est une bonne publicité.

La publicité avait déjà été repérée sur la route de Damas, à quelques mètres de la rédaction de L'Orient-Le Jour, sans doute pour titiller la curiosité de l'équipe culturelle. Alors, quand son portrait à la David Hamilton, ou presque, est apparu à Tabaris, il devenait clair que l'industrie musicale mettait le paquet pour imposer sa dernière trouvaille. Pourtant, tout sur ce visuel appelait au doute, voire à la blague. Parce que le portrait de ce blond semblait tout droit sorti des greniers et des soap opéras avec lesquels la télé nous abreuvait dans les années 80. On le voit bien déclamer « Mais tu n'es pas à ma place, Kevin » avec l'assurance de celui conscient d'être l'égal de sir Laurence Oliver. Et alors qu'en 2017, 100 % des chanteurs libanais sont bruns et ténébreux, George Martinos, lui, ressemble à...
commentaires (5)

Sincèrement , je continuais à lire cet article pour voir où était le problême .. Mais j'ai été déçu à la fin parce que je n'ai pas trouvé une raison pour être si critiquant à l'égard de cette personne , qui je ne connais pas ..

LIANE ZIAD

15 h 10, le 20 avril 2017

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Commentaires (5)

  • Sincèrement , je continuais à lire cet article pour voir où était le problême .. Mais j'ai été déçu à la fin parce que je n'ai pas trouvé une raison pour être si critiquant à l'égard de cette personne , qui je ne connais pas ..

    LIANE ZIAD

    15 h 10, le 20 avril 2017

  • Pourquoi tant de cynisme et de méchanceté à l'ègard de ce malheureux ?

    lila

    16 h 58, le 19 avril 2017

  • RACISME, HAINE OU REVANCHE DE CE PRETENDU MONSIEUR CONTRE LE CHANTEUR ? S,IL N,AIME PAS LES BARBES ROUSSES IL Y A DES BARBES NOIRES TOUT AUTOUR... CET ARTICLE EST UNE HONTE ET PLUS GRANDE HONTE D,AVOIR ETE PUBLIE !!!

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    14 h 20, le 19 avril 2017

  • Si vous êtes amateurs de guimauve vous serez ravis. Mais attention à l’écœurement, vous serez pris d'une nausée soudaine et irrépressible dès la deuxième mesure. C'est, je présume, ce que voulait signaler Monsieur Olivier Gasnier Duparc dans cet article.

    Paul-René Safa

    08 h 32, le 19 avril 2017

  • Très rigolo ce papier et bien tourné. Comme dab, OGD montre sans ostentation qu'il connaît bien le monde du spectacle, ses codes, ses poids lourds (et poids plume). Un plaisir à lire!

    Marionet

    07 h 35, le 19 avril 2017

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