Le mufti de la République, Abdellatif Deriane, à ses visiteurs à Dar el-Fatwa : « L'initiative du chef de l'État, Michel Aoun, de reporter la session parlementaire d'un mois (en vertu de l'article 59 de la Constitution) est un acte courageux qui a pour but de sauver le pays de la prorogation de la législature. (...) Nous sommes certains que le président a ainsi donné une dernière chance aux forces politiques de parvenir à un accord sur une nouvelle loi électorale. Laquelle loi devrait être basée sur la proportionnelle. Quoi qu'il en soit, la prorogation parlementaire est certaine. En cas d'adoption d'un nouveau code électoral, une prorogation de trois à six mois sera nécessaire pour préparer les élections en fonction de la nouvelle loi. Mais au cas où les parties politiques ne s'entendraient pas sur une nouvelle loi, la prorogation aura lieu de toute façon, mais elle sera à ce moment la conséquence d'une division qui mènera le pays au chaos. »
Ghattas Khoury, ministre de la Culture, à Radio-Orient : « La crise politique n'était pas prévue, d'autant que nous étions sur le point d'adopter une nouvelle loi électorale. Mais la situation a tourné en confrontation au Parlement, liée à la question de la prorogation (...). L'initiative du président Michel Aoun est dans le cadre de ses prérogatives. Nul ne s'y oppose. Il a ainsi donné un nouveau délai permettant d'adopter une nouvelle loi électorale. Une fois la nouvelle loi adoptée, c'est alors que pourra être étudié le report technique en fonction des délais constitutionnels. »
Samir Jisr, député de Tripoli, représentant le Premier ministre, Saad Hariri, à l'inauguration de l'exposition du livre de la Ligue culturelle : « La nation appartient à tous. Son essor ne peut se faire sans la volonté de tous. C'est pourquoi nous devons empêcher le vide institutionnel une nouvelle fois. Que chaque partie politique fasse des concessions minimes et le pays sera sauvé des crises de pouvoir et des crises politiques. Cela permettrait au pouvoir de se recomposer à travers une nouvelle loi électorale sur base de laquelle se dérouleront les législatives. »
Le Rassemblement de la République (de l'ancien président Michel Sleiman) dans un communiqué : « La majorité des forces politiques ont accepté d'adopter la proportionnelle après l'échec de la prorogation parlementaire et du mode de scrutin composite. Ce que nous saluons. Nous mettons en garde toutefois contre le danger d'un code électoral basé sur l'habilitation confessionnelle (...) car il serait un retour aux ghettos confessionnels et au repli communautaire. Un tel code électoral priverait les minorités de l'égalité sur le plan de la citoyenneté. Ce qui va à l'encontre de la Constitution. »
La Ligue maronite dans un communiqué : « La décision du président Michel Aoun d'ajourner la séance parlementaire est sage et courageuse. Elle permettra aux différentes parties de s'accorder sur une nouvelle loi électorale juste et représentative » (...) « La prorogation parlementaire n'aurait fait qu'envenimer la situation et porter atteinte à la légitimité du Parlement » (...) « Nous saluons l'initiative du recours, pour la première fois, à l'article 59 de la Constitution par un président de la République. Un article qui autorise le président de la République à ajourner la séance de la Chambre pour une durée n'excédant pas un mois. » (...) « Nous saluons aussi la clairvoyance des responsables politiques sur les dangers de la situation actuelle (...) et espérons qu'ils aboutiront à un accord sur une nouvelle loi électorale qui renouvelle la vie politique par une juste représentation des différentes composantes libanaises. »
Des professeurs et des étudiants de l'Institut des sciences politiques de l'Université Saint-Joseph, lors d'une réunion dans l'enceinte de l'établissement : « Nous refusons catégoriquement la prorogation de la législature, cette prorogation constituant une menace considérable pour le système démocratique libanais. » (...) « Nous nous sommes penchés sur la situation dans laquelle se trouve le pays, après la quasi-certitude que le Parlement allait s'autoproroger pour la troisième fois consécutive, et de manière délibérée, sapant ainsi le principe de la périodicité du scrutin et violant le mandat accordé par le peuple libanais à travers les élections. »

