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Reportage

Jours paisibles à Damas après un bref goût de guerre

Des véhicules circulant dans une rue de Damas, le 27 février 2016. Photo archives AFP

Quand des combats ont éclaté dans son quartier à Damas, Joseph Mghazi a fait fi des appels de ses voisins à cesser de jouer au trictrac dans la rue et, le calme revenu, il ne le regrette pas. « Nous avons continué à nous asseoir dans la rue et à jouer au backgammon alors que les obus pleuvaient autour de nous », affirme placidement cet homme de 73 ans, évoquant l'assaut rebelle contre le quartier des Abbassides repoussé vendredi par l'armée après une semaine de combats. « Les voisins nous imploraient de nous cacher dans un endroit sûr, mais on ne les écoutait pas », dit-il, avec son crayon et un papier dans la poche de sa chemise à carreaux pour marquer le résultat des parties. « Il y a même une patrouille de l'armée qui est passée dans notre rue et s'est arrêtée pour nous regarder jouer avant de repartir au combat », dit fièrement ce retraité aux bretelles grises.
Les forces rebelles, basées à Jobar, un quartier adjacent à la place des Abbassides, avaient lancé le 19 mars un assaut surprise contre les forces gouvernementales postées dans l'est de Damas. Elles ont réussi à pénétrer brièvement sur la place devenue un champ de bataille, entraînant la fermeture des écoles et vidant les rues. Mais Joseph Mghazi est resté stoïque. « Un mortier est tombé là-bas mais par chance n'a pas explosé », dit-il en montrant un endroit du doigt.
« Certains projectiles ont perforé des maisons, ce qui prouve que rester chez soi ne garantit pas que vous allez échapper à la mort », ajoute-t-il, faisant rire ses deux compagnons de jeu. Puis il ajoute avec philosophie : « J'ai 73 ans. Il ne me reste pas beaucoup d'années à vivre, donc j'ai l'intention d'en profiter et de ne pas avoir peur. »

« Mon devoir »
La plus grande partie de la capitale syrienne est restée aux mains du gouvernement et a échappé à la violence qui a ravagé le pays depuis le passage à la lutte armée contre le régime après la répression de manifestations pacifiques en 2011. Mais les combats qui ont suivi l'assaut rebelle la semaine dernière ont causé la mort de 115 insurgés et 82 membres des forces prorégime, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme.
En dépit de la violence, Oussama Kastoun n'a pas fermé sa supérette proche de la place des Abbassides. Sous un portrait du président Bachar el-Assad accroché au mur, il retire la poussière des quelques articles qui restent sur les étagères.
« Je suis le seul à être resté ouvert car j'avais le sentiment qu'il était de mon devoir de fournir de la nourriture et des légumes aux gens du quartier, notamment des personnes âgées qui n'ont nulle part où aller », confie-t-il. Il raconte avoir bravé les tireurs embusqués pour convoyer sa marchandise, utilisant un véhicule de l'armée pour traverser la place avec ses produits et ensuite tirant un chariot jusqu'à son magasin. « C'était hyper risqué, mais il fallait le faire », assure-t-il aujourd'hui.
D'autres habitants ont préféré fuir les combats, comme Mirna, 34 ans, qui, depuis sa voiture, examine les dommages subis par les maisons de ses voisins avant d'avancer lentement vers la sienne. « Je suis venue pour inspecter la situation. J'ai abandonné ma maison au début de la bataille car les combats se déroulaient à 100 mètres de chez moi. J'ai une petite fille de quelques mois et je ne pouvais vraiment pas la laisser au milieu des combats et des bombardements », dit-elle.
Pas loin, Firas, 15 ans, profite du calme pour jouer au football avec ses amis dans une rue habituellement encombrée de voitures. « Je suis allé à l'école aujourd'hui, mais nous n'étions que dix, explique-t-il. Le professeur nous a dit de revenir demain et de dire à nos camarades de revenir aussi car les combats sont finis. »
Maher AL-MOUNÈS/AFP


Quand des combats ont éclaté dans son quartier à Damas, Joseph Mghazi a fait fi des appels de ses voisins à cesser de jouer au trictrac dans la rue et, le calme revenu, il ne le regrette pas. « Nous avons continué à nous asseoir dans la rue et à jouer au backgammon alors que les obus pleuvaient autour de nous », affirme placidement cet homme de 73 ans, évoquant l'assaut rebelle...

commentaires (4)

Qu'âllâh y'ghâmîïïï !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

19 h 08, le 28 mars 2017

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Commentaires (4)

  • Qu'âllâh y'ghâmîïïï !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    19 h 08, le 28 mars 2017

  • IL EN SERA AINSI SUR L'ENSEMBLE DU TERRITOIRE SYRIEN DÉBARRASSÉ DE TOUTES LES BACTÉRIES WAHABITES SOUS LA DIRECTION RÉSISTANTE ET ÉCLAIRÉE DE TOUS LES HÉROS À LA TÊTE DE QUI BASHAR EL ASSAD VEILLE JALOUSEMENT. SI ON ME PUBLIE JE FAIS UN VOEU CELUI DE ME RASER LA BOULE À ZÉRO.

    FRIK-A-FRAK

    12 h 50, le 28 mars 2017

  • ESPERONS QU,UNE JUSTE PAIX S,ETABLISSE ENFIN EN SYRIE POUR LE PEUPLE SYRIEN QUI A BEAUCOUP SOUFFERT ET QUI A VU SON PAYS PRESQUE ENTIEREMENT DETRUIT...

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    10 h 24, le 28 mars 2017

  • Nous pendant la guerre 75-90, les forces gouvernementales syrienne menee par hafez assad ont copieusement bombarde Beyrouth et plus particulierement les quartiers Chretiens...

    George Khoury

    08 h 19, le 28 mars 2017