MM. Hariri et Geagea entourés des ministres Khoury et Riachi, dimanche soir, à la Maison du centre. Photo Dalati et Nohra
Plusieurs personnalités sont montées au créneau hier pour défendre le Premier ministre Saad Hariri, et plus précisément la présidence du Conseil, après l'épisode de la place Riad el-Solh, dimanche, où M. Hariri a été bombardé de bouteilles d'eau vides par les manifestants alors qu'il leur adressait un appel au dialogue.
Le mufti de la République, le cheikh Abdellatif Deriane, a qualifié ce qui s'est produit de « campagne organisée, menée par des groupes de vandales cherchant à semer le chaos et la provocation ». « Tout le monde doit respecter la présidence du Conseil (...), et il est un devoir national de se tenir à ses côtés en cette étape cruciale pour le pays », a-t-il dit, qualifiant Saad Hariri de « symbole national connu pour son action et son patriotisme, et qui n'a pas besoin de reconnaissance de la part des plus petits ».
« L'atteinte au président Hariri vise à porter atteinte à la stabilité. Nous mettons en garde contre (...) une telle action, parce que les musulmans, voire tous les Libanais, n'accepteront pas de tels actes ignobles et se tiennent fermement aux côtés du président Hariri », a-t-il ajouté, accusant ceux qui ont agressé le Premier ministre hier « d'exposer le Liban à plus de divisions qui ne servent que l'intérêt des ennemis du Liban ».
M. Hariri a d'ailleurs tenu hier une réunion symbolique à la Maison du Centre avec l'ensemble des anciens présidents du Conseil du pays, en présence de MM. Fouad Siniora, Nagib Mikati et Tammam Salam, solidaires du Premier ministre. MM. Siniora, Salam et Hariri ont en outre assisté en soirée, toujours sous le signe de l'unité, à une récitation de prières coraniques animées par le mufti Deriane à l'initiative (et en présence) de M. Mikati. L'occasion pour M. Hariri de prendre la parole (voir par ailleurs).
Parmi les autres personnalités qui ont pris la défense de Saad Hariri hier, le ministre Mohammad Kabbara, les députés Mohammad Safadi et Ammar Houri, les Makassed et le mouvement civil dans le Akkar. Le président des Forces libanaises, Samir Geagea, a également pris position en sa faveur lors de sa conférence de presse hier à Meerab (voir par ailleurs). M. Geagea – accompagné du ministre de l'Information, Melhem Riachi – s'était d'ailleurs rendu auprès de M. Hariri dimanche soir pour une réunion de deux heures, suivie d'un dîner, en présence du ministre de la Culture, Ghattas Khoury, et de M. Nader Hariri. La réunion a porté notamment sur la loi électorale, l'échelle des salaires et le budget.
Plus nuancé, l'ancien député Misbah Ahdab a pour sa part condamné l'atteinte à M. Hariri, mais tout en soulignant qu'« une affaire de bouteilles ne devrait pas devenir le sujet principal aux dépens de la question essentielle, à savoir la protection de la corruption et l'appauvrissement systématique des citoyens ». « Si seulement ils avaient pu trouver de concert des solutions à nos problèmes de la même manière avec laquelle ils se sont entendus pour défendre le poste de la présidence du Conseil... » a-t-il indiqué.

