Emmanuel Macron (de profil) et Angela Merkel (de dos) discutant, hier, derrière une fenêtre de la chancellerie, à Berlin. John MacDougall/AFP
Le centriste Emmanuel Macron, un des favoris de l'élection présidentielle française, a vanté hier sa proximité avec la chancelière allemande Angela Merkel sur les sujets européens, lors d'une visite à Berlin suivant de peu celle de son rival conservateur François Fillon.
« Je n'oublie pas que je ne suis là qu'en tant que candidat, mais j'ai vu beaucoup de convergences avec la chancelière », a déclaré M. Macron après sa rencontre d'environ une heure à la chancellerie avec celle qui est considérée comme la dirigeante la plus puissante d'Europe. L'ex-ministre de l'Économie du gouvernement socialiste de François Hollande a dit avoir confié à la chancelière conservatrice son fort attachement au « couple franco-allemand », son souhait de lutter « contre les extrêmes », de renforcer « l'Europe de la défense », ainsi que sa volonté de « tenir les engagements » européens de la France et d'y entamer des réformes structurelles, un sujet qui a souvent divisé Paris et Berlin par le passé. Mais il a aussi insisté sur la nécessité d'engager « une politique d'investissements européens », ce qui pourrait constituer un sujet conflictuel avec Mme Merkel.
M. Macron a rejeté l'idée selon laquelle sa venue à la chancellerie pourrait être perçue comme une marque de soutien de Mme Merkel. « Ce n'est en aucun cas un adoubement, a-t-il dit. Dans une campagne, le seul adoubement, c'est celui du peuple. » L'intention de Mme Merkel n'est pas d'apporter « un soutien » au candidat Emmanuel Macron, mais de soigner « les relations avec la France », a affirmé de son côté une porte-parole du gouvernement allemand, Ulrike Demmer. La réception d'Emmanuel Macron à la chancellerie n'est toutefois pas anodine : l'ex-ministre s'était déjà rendu à Berlin le 10 janvier, mais n'avait pas à l'époque été reçu par Angela Merkel.
L'intérêt en Allemagne pour le candidat centriste, y compris dans les rangs du parti de la chancelière, est réel. En privé, des proches de la chancelière soulignent que M. Macron est selon les sondages le plus à même d'empêcher une victoire du Front national et ne cachent pas leur étonnement face au maintien de la candidature de François Fillon au vu de sa mise en examen. Les scandales qui éclaboussent ce dernier sont jugés avec sévérité dans une Allemagne intransigeante sur l'éthique des politiques. « Emmanuel Macron est aujourd'hui pris au sérieux en Allemagne. Sa volonté affichée de vouloir rendre la France crédible en faisant des réformes fait écho aux préoccupations allemandes », souligne Claire Demesmay, politologue à l'Institut allemand de politique étrangère à Berlin.
(Source : AFP)

