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Moyen Orient et Monde - Union Européenne

Tusk reconduit, Varsovie dénonce un « diktat » de Berlin

Le gouvernement polonais a décidé de bloquer les « conclusions » du sommet, qui doivent être normalement adoptées à l'unanimité.

Combo du président réélu au Conseil européen Donald Tusk et de la Première ministre polonaise Beata Szydlo. Ahmad Gharabli/Nunes Dos Santos/AFP

Les dirigeants européens ont reconduit hier le Polonais Donald Tusk pour un second mandat à la présidence du Conseil européen au cours d'un sommet à Bruxelles. « Je ferai de mon mieux pour rendre l'UE meilleure », a réagi M. Tusk sur Twitter, après le vote des responsables européens, qui ont prolongé son mandat jusqu'au 30 novembre 2019. L'ancien Premier ministre libéral polonais a été élu par « 27 voix contre une », ont dit deux sources diplomatiques, confirmant le large soutien que lui avaient témoigné les dirigeants des pays de l'UE, France et Allemagne en tête.
La reconduction de M. Tusk sera « un signe de stabilité pour l'ensemble de l'UE », avait fait valoir la chancelière Angela Merkel, alors que le parti nationaliste au pouvoir à Varsovie, Droit et Justice (PiS), le considère comme un ennemi politique. En représailles, conformément aux menaces qu'il avait proférées, le gouvernement polonais a décidé de bloquer les « conclusions » du sommet, qui doivent être normalement adoptées à l'unanimité, ont expliqué deux sources européennes.
Ces conclusions portent notamment sur des questions économiques et migratoires et mentionnent la réélection de M. Tusk. Mais selon une source européenne, ce blocage ne change rien à la réélection de M. Tusk. Il s'agit en effet selon elle d'un acte législatif séparé, pris à la majorité qualifiée (il suffisait de 21 pays favorables, représentant 65 % de la population de l'UE). « Nous savons maintenant que c'est une UE sous le diktat de Berlin », a vivement réagi de Varsovie le ministre polonais des Affaires étrangères, Witold Waszczykowski, interrogé par le site internet polonais wpolityce.pl.

« Impartial et neutre »
« Rien (ne doit être fait) sans nous et sans notre accord », avait mis en garde la Première ministre polonaise Beata Szydlo, jugeant inadéquat que les dirigeants européens nomment un Polonais n'étant pas soutenu par son propre pays. « Les pays qui ne comprennent pas cela conduisent à la déstabilisation », a averti Mme Szydlo, assurant vouloir de son côté « l'unité de l'Europe », thème des débats que les dirigeants européens ont décidé d'avoir aujourd'hui à Bruxelles, sans le Royaume-Uni.
Donald Tusk est depuis fin 2014 à la tête du Conseil européen, dont le rôle est de coordonner les sommets réguliers réunissant les chefs d'État ou de gouvernement pour fixer les priorités politiques de l'UE. Mme Szydlo lui reproche d'avoir abusé de ses fonctions en s'impliquant « personnellement » dans la vie politique de la Pologne, où certaines réformes réalisées par le pouvoir, aux mains désormais de la droite conservatrice, ont été qualifiées par Bruxelles d'atteintes à l'État de droit. « Je suis impartial et politiquement neutre », s'était défendu mercredi M. Tusk, se disant « prêt pour le jugement ».

« Plusieurs vitesses »
Aujourd'hui, sans la Première ministre britannique Theresa May, les dirigeants européens consacreront la matinée à la préparation de la déclaration de Rome, qu'ils souhaitent publier pour les 60 ans du traité fondateur de la Communauté – devenue l'Union – européenne – qui seront célébrés à Rome le 25 mars. Ce texte solennel doit montrer que l'UE restera unie après le Brexit. Mais c'est l'idée d'un avenir à « plusieurs vitesses » pour l'Europe qui cristallise les débats : elle est fortement soutenue par la France et l'Allemagne, désireuses notamment de pouvoir renforcer la défense européenne sans être bloquées par des États récalcitrants.
D'autres pays s'inquiètent cependant de devenir des membres de deuxième zone de l'Union, comme ceux du groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie), qui se sont notamment illustrés ces derniers mois par leur vive hostilité à la politique migratoire de l'UE.

(Source : AFP)

Les dirigeants européens ont reconduit hier le Polonais Donald Tusk pour un second mandat à la présidence du Conseil européen au cours d'un sommet à Bruxelles. « Je ferai de mon mieux pour rendre l'UE meilleure », a réagi M. Tusk sur Twitter, après le vote des responsables européens, qui ont prolongé son mandat jusqu'au 30 novembre 2019. L'ancien Premier ministre libéral polonais a été élu par « 27 voix contre une », ont dit deux sources diplomatiques, confirmant le large soutien que lui avaient témoigné les dirigeants des pays de l'UE, France et Allemagne en tête.La reconduction de M. Tusk sera « un signe de stabilité pour l'ensemble de l'UE », avait fait valoir la chancelière Angela Merkel, alors que le parti nationaliste au pouvoir à Varsovie, Droit et Justice (PiS), le considère comme un ennemi...
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