En décembre dernier, la BCE a décidé de prolonger son programme de QE de mars à décembre 2017 et de réduire le rythme des achats d'actifs de 80 à 60Md€ par mois à partir d'avril. En balisant ainsi l'ensemble de l'année, la BCE montre qu'elle veut éviter de réagir aux soubresauts de court terme, qu'ils concernent le profil de l'inflation ou de possibles turbulences politiques. Malgré la pression allemande, le conseil de la BCE n'est pas pressé de débattre d'un arrêt progressif du QE et moins encore d'une hausse des taux. La discussion sur le tapering devrait vraiment débuter après l'été. À cette réunion, la BCE rendra publiques les nouvelles projections de son staff. Qu'est-ce qui a pu changer en trois mois ? Le pétrole est plus haut, le taux de change plus faible et les données d'activité sont globalement en ligne. Du fait de l'évolution récente des prix de l'énergie, la prévision d'inflation sera relevée, mais non celle sur l'inflation sous-jacente. Désormais, cet indicateur est vu comme le plus fiable pour s'assurer que l'inflation va à nouveau converger à moyen terme vers la cible de 2 %. Concernant l'activité, il serait normal que Draghi souligne que la zone euro connaît une embellie depuis quelques mois, nonobstant les incertitudes politiques. À ce jour, la balance des risques penche toujours, selon la BCE, du côté baissier. Une position équilibrée nous paraîtrait plus appropriée. Mais peut-être que la BCE craindrait-elle, en l'admettant, d'attiser les attentes d'une normalisation trop précoce ?
Cet article est réalisé par Fidus


