La police allemande a bouclé hier le centre où devait se tenir un meeting en faveur du président turc Recep Tayyip Erdogan, à Gaggenau, auquel devait participer le ministre turc de la Justice, Bekir Bozdag. Christoph Schmidt/DPA/AFP
Les autorités turques ont convoqué hier l'ambassadeur d'Allemagne à Ankara pour protester contre l'annulation de rassemblements en faveur du président turc Recep Tayyip Erdogan, une décision qui a suscité l'ire de la Turquie.
Évoquant des « difficultés logistiques », les autorités allemandes ont annulé hier la tenue d'un rassemblement à Gaggenau visant à promouvoir le « oui » lors d'un référendum, le 16 avril, sur une révision constitutionnelle qui élargirait considérablement les prérogatives du président Erdogan. Parallèlement, la ville de Cologne a indiqué qu'elle n'autoriserait pas la tenue d'un meeting prévu dimanche avec le ministre turc de l'Économie, Nihat Zeybekci, dans la salle d'une mairie de quartier.
Le ministre turc de la Justice, Bekir Bozdag, qui devait participer au rassemblement hier à Gaggenau, a en retour annulé une rencontre prévue dans la soirée avec son homologue allemand Heiko Maas. « Il est inacceptable que les autorités allemandes ne tolèrent pas un rassemblement de la société turque, elles qui sont si promptes à s'exprimer sur les droits de l'homme, la démocratie (...), la liberté d'expression », a déclaré M. Bozdag. « Empêcher la tenue d'un rassemblement avec nos concitoyens en Allemagne est clairement une atteinte aux droits démocratiques », a réagi sur Twitter le ministre turc des Affaires européennes, Omer Celik. Les autorités allemandes « endommagent les ponts entre les démocraties et érigent des murs de Berlin idéologiques qui séparent les gens », a-t-il ajouté.
Les relations entre la Turquie et l'Allemagne, deux piliers de l'OTAN aux liens historiques, traversent fréquemment des turbulences, notamment depuis la tentative de coup d'État de juillet dernier en Turquie suivie de purges. Les tensions ont refait surface après l'incarcération mardi du correspondant germano-turc du quotidien allemand Die Welt en Turquie, Deniz Yücel, accusé de propagande « terroriste ». Après cette décision, l'Allemagne avait protesté auprès de l'ambassadeur turc à Berlin.
L'Allemagne compte la plus forte communauté de la diaspora turque, soit trois millions de personnes. Comme pour la présidentielle de 2014, M. Erdogan tente de gagner leurs voix en vue du référendum, qui prévoit pour la première fois dans l'histoire turque la suppression du poste de Premier ministre. Le mois dernier, le Premier ministre turc Binali Yildirim s'était exprimé lors d'un meeting à Oberhausen devant des milliers de sympathisants du pouvoir turc. Le gouvernement allemand avait été vivement critiqué par l'opposition pour avoir accepté la tenue de ce meeting.
Plusieurs pays européens ont exprimé leur inquiétude sur la situation des droits de l'homme en Turquie depuis le putsch manqué.
(Source : AFP)


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les turcs qui parlent de droit de l'homme hahaha quel rigolade
19 h 01, le 03 mars 2017