Les habitants de Bziza, mobilisés hier matin contre « l’usine de la mort ». Photo ANI
Le ministre de l'Industrie, Hussein Hajj Hassan, a pris la décision de fermer définitivement la ligne de production d'huile d'olive au moyen de l'hexane, dans l'usine de Bziza appartenant à la « Société libanaise pour l'huile d'olive, S.A.L. ». La décision a été prise après une vaste campagne de mobilisation des habitants de ce village de Koura contre cette usine qu'ils ont baptisée « usine de la mort » et contre la toxicité de l'hexane, matière chimique utilisée par ce pressoir à olives pour la fabrication d'huile à partir des déchets d'olives. « Dégageant de la fumée, de la poussière et des odeurs pestilentielles, ce procédé de fabrication est toxique, aussi bien pour l'environnement que pour la santé publique », a estimé le ministre. M. Hajj Hassan a toutefois autorisé le propriétaire de l'usine, Ibrahim Maalouf, à extraire l'huile des déchets d'olives par d'autres procédés non toxiques, comme l'eau notamment. « Cette conversion devra toutefois se faire sous la supervision du ministère de l'Industrie, avec la collaboration d'experts environnementaux sélectionnés par le ministère et payés par l'industriel lui-même. » Mais avant, ce dernier devra « s'engager par écrit à ne plus utiliser l'hexane ».
C'est à l'issue d'une réunion élargie, au ministère, que le verdict du ministre de l'Industrie est tombé hier, en l'absence du patron de l'entreprise qui s'est excusé pour des raisons de santé. La réunion a regroupé le directeur général du ministère, Dany Gédéon, le président du regroupement des municipalités de Koura, Karim Abou Karim, les présidents des municipalités de Bziza, Pierre Obeid, et d'Amioun, Malek Farès, le conseiller du mohafez du Nord, Maher Tamim, l'expert environnemental Georges Ainati, ainsi que deux représentants des habitants de Bziza, Issam Issa et Antoine Kassas.
Commentant sa décision, M. Hajj Hassan a rappelé que l'usine fonctionne légalement, sur base d'une licence obtenue en 2009. Mais que « les habitants se plaignent depuis un an et demi » des émanations nocives, de la poussière et des odeurs qu'elle dégage. C'est la raison pour laquelle il a d'abord pris la décision de « fermer l'usine de manière temporaire », cette dernière n'étant pas en conformité avec les conditions techniques et environnementales imposées par le permis d'exercer. La décision de fermeture définitive a été prise après avoir constaté que le patron de l'usine « continuait de faire fonctionner la ligne de production interdite durant le délai administratif qui lui avait été accordé ». « Durant ce délai, il pouvait uniquement faire fonctionner le pressoir à olives et non pas l'usine de traitement des déchets d'olives », a noté à ce propos le ministre.
Alors que se tenait la réunion sous la présidence du ministre de l'Industrie, les habitants de Bziza étaient dans la rue, invitant les autorités à fermer l'usine de traitement des déchets d'olive à l'hexane, parce qu'elle représente un danger pour l'environnement et la santé.


Excellente initiative! Par ailleurs, ne serait-il pas possible de faire mention sur l'étiquette du procédé d'extraction? Il existe, en effet, un monde en termes de qualités nutritives et bienfaits pour la santé entre l'huile obtenue par première pression à froid et celle extraite à l'eau chaude des déchets d'olives.
07 h 40, le 21 février 2017