Lowell Bailey n’imaginait sûrement pas être sacré champion du monde à 35 ans, lui qui ne s’était jamais imposé en Coupe du monde et pensait arrêter sa carrière l’année dernière. Bien lui a pris de la poursuivre… Franck Fife/AFP
On attendait encore Martin Fourcade, mais le Français a échoué à la 3e place de l'individuel des Mondiaux 2017 de biathlon à Hochfilzen (Autriche), laissant la victoire au vétéran américain Lowell Bailey et ne parvenant pas à égaler deux des records d'Ole Einar Bjoerndalen. Fourcade devra patienter encore un peu avant d'arriver à la hauteur du légendaire norvégien, auteur de 12 succès en une saison et sacré 11 fois champion du monde. Ce n'est peut-être que partie remise avec la mass start de demain, mais son échec est tout de même une surprise dans une spécialité qui lui réussit d'habitude parfaitement.
Triple tenant du titre et champion olympique de l'individuel, Fourcade a été trahi par son tir couché (2 erreurs), alors que Bailey et le Tchèque Ondrej Moravec (2e) ont effectué un sans-faute à la carabine. Dommage pour le Français, qui a de nouveau démontré sa supériorité sur les skis en ne terminant qu'à 21,2 secondes du vainqueur, malgré sa défaillance au tir. Il pourra néanmoins se consoler avec le gain du Petit Globe de cristal de la spécialité et une 4e médaille en 4 courses (or de la poursuite, argent du relais mixte, bronze du sprint et de l'individuel).
Les petits moments de faiblesse de Fourcade ont en tous les cas fait le bonheur de Bailey, qui n'imaginait sûrement pas se retrouver à pareille fête à 35 ans, lui qui ne s'était jamais imposé en Coupe du monde et pensait arrêter sa carrière l'année dernière. Il a bien fait de continuer, puisqu'il offre, du même coup, un premier succès aux États-Unis. « J'attends que quelqu'un me réveille, a déclaré l'Américain. C'est incroyable, c'est comme un rêve. Pour moi, cette victoire a beaucoup de signification au vu de tout le travail fourni pour y arriver, pas seulement par moi mais par toute l'équipe. Je voulais une médaille mondiale depuis longtemps et je suis heureux de pouvoir la partager avec tout le staff. »
Avec seulement 3,3 secondes d'avance sur Moravec, Bailey est vraiment allé chercher ce succès après les frustrations vécues sur le sprint (4e) et la poursuite (6e). « La dernière boucle m'a paru durer 40 km et non quatre, a-t-il ainsi confié. J'ai eu la chance d'être parmi les derniers à partir et donc je connaissais les temps intermédiaires d'Ondrej. J'étais en colère contre moi-même d'avoir laissé passer une médaille sur la poursuite et j'ai refait la dernière boucle des centaines de fois dans ma tête. Après le dernier passage au tir, je me suis dit : ''Ne laisse pas passer la médaille''. » Sa persévérance a fini par payer.
(Source : AFP)


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