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Liban - Sérail

S. Gemayel : Sans nouvelle loi après le 21, toutes les options sont mauvaises

« Ni prorogation, ni élections sur base de la loi de 1960, ni vacance parlementaire », affirme le président des Kataëb au Grand Sérail.

M. Gemayel reçu par Saad Hariri : un entretien qui a surtout porté sur la loi électorale.

Le président du parti Kataëb, Samy Gemayel, a mis en garde hier contre des options « qui sont toutes mauvaises » si la date butoir du 21 février se passe sans qu'une nouvelle loi électorale ne soit votée, « ce qui est plus que probable », d'après lui. M. Gemayel s'exprimait à l'issue d'un entretien avec le Premier ministre, Saad Hariri, au Grand Sérail.
Les prochaines élections législatives devraient avoir lieu en mai prochain, pour remplacer l'actuel Parlement dont le mandat a été prorogé à deux reprises. L'actuelle loi en vigueur est dite « loi de 1960 », un compromis trouvé dans le cadre de l'accord de Doha en 2008. Le 21 février a été désigné par le ministre de l'Intérieur Nouhad Machnouk comme dernier délai pour la signature, par les présidents de la République et du Conseil des ministres et lui-même, du décret de convocation du collège électoral.
« Dans quelques jours, si une nouvelle loi électorale n'est pas adoptée, ce qui est plus que probable, nous nous dirigerons vers des options qui sont toutes mauvaises, a déclaré Samy Gemayel. Soit une organisation des élections sur base de la loi de 1960 –, ce qui signifie pratiquement qu'on prolongera le pouvoir de l'actuelle classe politique de quatre ans –, soit une prorogation de l'actuelle Chambre des députés, soit la vacance parlementaire. Nous rejetons en bloc ces trois solutions. »
Et d'ajouter : « Nous ne pouvons plus considérer que la prorogation est une affaire anodine et naturelle, ou qu'il est normal d'organiser les élections sur base de la loi de 1960, surtout pas après les promesses faites par les responsables politiques. Ils nous ont promis des élections dans les délais et sur base d'une nouvelle loi durant des mois, des élections qui pourront donner un souffle nouveau au pays et ouvrir les portes du Parlement à de nouvelles forces politiques. Des élections qui permettront de renouveler la classe politique et d'appliquer le quota féminin et les autres réformes dont nous avons besoin. »
Pour le député du Metn, « les Libanais n'accepteront pas de nouvelles élections sur base de l'ancienne loi ». « Il est regrettable que le gouvernement en soit arrivé là », a-t-il ajouté. Interrogé sur les réponses de M. Hariri à ses questions, M. Gemayel a précisé que celui-ci « l'a assuré du fait que les contacts se poursuivaient en vue d'aboutir à un résultat ». « Or, pour nous, le gouvernement doit assumer ses responsabilités en tant qu'équipe de travail, a-t-il poursuivi. De plus, les projets de loi électorale sont tous au Parlement, et la priorité doit leur être accordée. Si le gouvernement n'accomplit pas cette tâche, ça doit être au président du Parlement d'appeler à une séance de vote. »
À la question de savoir pourquoi il écartait l'option de la « prorogation technique », M. Gemayel s'est demandé : « Pourquoi la prorogation technique ? Pourquoi la loi électorale n'a-t-elle pas été adoptée à temps ? Pourquoi trouve-t-on si facile de ne pas respecter les délais constitutionnels, comme si la chose était naturelle et en aucun cas problématique ? »

Les parents des otages
Le Premier ministre a également reçu hier, au Grand Sérail, les parents des militaires otages aux mains de Daech, en présence du ministre des Télécommunications Jamal Jarrah, des députés Ziad Kadri et Amine Wehbé, et du secrétaire général du Haut Comité de défense, le général Mohammad Kheir. Le sort de ces neuf militaires, enlevés durant les batailles de l'armée avec des groupes islamistes dans le jurd de Ersal en 2014, reste inconnu près de deux ans et demi après leur disparition.
Selon le communiqué publié à la fin de l'entretien, M. Hariri a « exprimé toute sa solidarité aux familles des otages, leur assurant que tous les efforts seront déployés en vue de résoudre cette affaire ».
« Le Premier ministre, dans cet entretien placé sous le signe de la franchise, nous a assuré qu'il suivrait personnellement cette affaire avec le président de la République et le président du Parlement, a déclaré Nizam Mgheit, un proche de l'un des otages. Nous avons dorénavant un État fort, mais sa force se traduirait surtout par le retour des militaires otages, sinon, dans le cas contraire, ce sera pour lui un motif de honte. »
Hussein Youssef, père d'un soldat otage, a précisé que « cet entretien visait à faire revivre ce dossier, car nous n'avons remarqué dernièrement que de la négligence ».
Enfin, M. Hariri a également reçu hier l'ambassadeur de l'ordre des chevaliers de Malte, Charles-Henri d'Aragon, ainsi qu'une délégation de l'ordre libanais maronite sous la présidence du père Nehmetallah Hachem.

Le président du parti Kataëb, Samy Gemayel, a mis en garde hier contre des options « qui sont toutes mauvaises » si la date butoir du 21 février se passe sans qu'une nouvelle loi électorale ne soit votée, « ce qui est plus que probable », d'après lui. M. Gemayel s'exprimait à l'issue d'un entretien avec le Premier ministre, Saad Hariri, au Grand Sérail.Les prochaines élections...
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