Deux hommes se promenant, hier, le long d’un grillage qui sépare les parties grecque et turque de Nicosie. Yiannis Kourtoglou/Reuters
Des pourparlers supervisés par l'ONU en vue de la réunification de Chypre ont été brusquement interrompus, hier, à cause d'une polémique scolaire qui a tendu les rapports entre les deux parties de l'île, selon le dirigeant chypriote turc. Les relations entre les deux parties se sont ainsi crispées ces derniers jours après un vote du Parlement chypriote grec introduisant dans les écoles la commémoration d'un référendum, organisé en janvier 1950, au cours duquel les Chypriotes grecs s'étaient massivement prononcés en faveur du rattachement de l'île à la Grèce.
La réunion entre les dirigeants des deux parties s'est interrompue hier matin, lorsque l'envoyé spécial de l'ONU pour Chypre, Espen Barth Eide, a mentionné ce sujet controversé, a indiqué Mustafa Akinci, dirigeant de la République turque de Chypre du Nord (RTCN, autoproclamée et uniquement reconnue par Ankara). « Le dirigeant (de Chypre, Nicos Anastasiades) a dit : ''Je n'ai rien à dire'' et est sorti en claquant la porte », a déclaré M. Akinci. « Comme l'atmosphère nécessaire à la poursuite des discussions dans un climat de respect s'était dissipée, nous avons également quitté la réunion », a-t-il ajouté. Mais M. Anastasiades a contesté cette version des faits. « Le retrait de M. Akinci était injustifié, sans cause ou raison », a-t-il déclaré. M. Eide avait prévenu mercredi que « le climat n'était pas à son meilleur jour », après avoir rencontré séparément les deux responsables.
Les pourparlers entre Chypriotes grecs et Chypriotes turcs s'étaient intensifiés ces dernières semaines en vue de réunifier l'île, divisée depuis plus de 40 ans, même si aucune avancée concrète n'a été enregistrée. Pour nombre d'observateurs, ce nouvel élan a été rendu possible par l'implication personnelle de MM. Akinci et Anastasiades. Mais mercredi, le leader chypriote turc a estimé que le processus politique pourrait être plombé par le vote du Parlement chypriote sur la commémoration du référendum. « Il appartient au dirigeant (chypriote grec) de revenir par cette même porte qu'il a claquée lorsqu'il aura lui-même redressé cette situation qu'il a créée », a déclaré hier M. Akinci.
Chypre, qui compte un million d'habitants, est divisée depuis que l'armée turque a envahi en 1974 la partie nord de l'île, en réaction à un coup d'État visant à rattacher le pays à la Grèce et qui inquiétait la minorité turcophone chypriote.
(Source : AFP)

