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Liban

Erasmus+ au Liban : renforcer la formation, l’éducation et la coopération entre les universités

Le programme Erasmus+ de l'Union européenne redonne espoir aux institutions de l'enseignement supérieur au Liban. À juste titre.

14/02/2017

Depuis 2014, Erasmus a pris un nouveau visage: celui d'Erasmus+. Ce programme, entièrement soutenu par des fonds de l'Union européenne, a pour vocation de soutenir des actions dans le domaine de la formation, de l'éducation, de la jeunesse et du sport sur la période 2014-2020 en Europe et partout dans le monde. Il succède au programme Erasmus Tempus, qui concernait les « pays partenaires » hors Europe, dans le cadre d'échanges universitaires et de formation en vue d'un renforcement des compétences académiques et professionnelles des établissements de l'enseignement supérieur. Erasmus+ prend donc la relève en regroupant les financements alloués par l'Union européenne, et en ouvrant de nouvelles opportunités de partenariats dans différentes régions du globe, toujours sur la base de l'ouverture et de l'échange des connaissances.

Pour le Liban, c'est une belle opportunité si l'on considère les défis auxquels fait face l'enseignement supérieur du pays. En effet, depuis la guerre, le système a été malmené, notamment par une expansion rapide et souvent chaotique des établissements d'enseignement supérieur. La prédominance du secteur privé a laissé le secteur public en berne, sans délivrer pour autant une formation qualitative ou pertinente aux étudiants. Excepté les universités libanaises de renom, le système éducatif national a subi la multiplication de petits établissements privés, qui obéissent pour la plupart à des règles confessionnelles ou politiques dans leur système de gouvernance.
L'enseignement supérieur libanais continue aujourd'hui son combat de longue haleine face aux nouvelles normes mondiales. Si Erasmus Tempus avait permis la définition de standards et d'indicateurs de qualité en son temps, Erasmus+ met l'accent sur une plus forte mobilité des étudiants, un renforcement encore plus accru des compétences éducatives, et une meilleure coopération entre les universités et les milieux socio-économiques. Les universités sont autant bénéficiaires que les étudiants. En effet, sélectionnés sur des critères académiques, un peu de plus de 400 étudiants libanais, ainsi que des professeurs et des membres du personnel académique, ont la chance de pouvoir bénéficier de ces partenariats entre différentes universités libanaises et européennes. Récemment, par exemple, l'Université Saint-Joseph s'est vu solliciter par de nouvelles universités européennes en Espagne, en Italie, en Roumanie, en Finlande ou encore en République tchèque. Ces programmes d'échanges pour la mobilité poussent les universités libanaises à être plus compétitives et plus qualitatives pour une meilleure reconnaissance sur la scène internationale ; en effet, la demande de partenariat doit être soumise par un pays européen afin de pouvoir aboutir.

S'aligner aux exigences européennes
Face au besoin d'harmonisation, la stratégie nationale mise en œuvre vise à remettre à niveau les universités, privées ou publiques. Celles-ci peuvent soumettre des projets de renforcement de leurs compétences dans une multitude de domaines, allant de la gouvernance, des méthodes d'apprentissage aux programmes académiques ou même encore à la recherche. Pour que tout cela fonctionne, la coopération interuniversitaire est de mise ; les établissements sortent d'une dynamique de compétition, pour se rassembler autour de ces différents projets et obtenir leurs financements. Entre 2002 et 2013, le programme Tempus avait soutenu 58 projets de renforcement des capacités, et 9 l'ont été grâce à Erasmus+ entre 2015 et 2016. Ces projets ont impliqué 25 établissements libanais et 22 partenaires du secteur socio-économique, dans de très nombreux domaines, comme la microfinance, l'urbanisme, l'ingénierie renouvelable, l'engagement civique, le développement durable ou encore la donation d'organes.
Finalement, Erasmus+ permet au Liban de s'aligner aux exigences européennes et d'obtenir ainsi une crédibilité sur la scène internationale. Ceci est important dans le contexte actuel de la mondialisation, où de nombreux étudiants libanais sont déjà à l'étranger pour effectuer leurs études ; pour eux, ces questions se posent en termes de reconnaissance, de comparabilité et de transférabilité. Si le risque d'une « fuite des cerveaux » plane toujours, il est de la responsabilité du Liban d'endiguer le chômage et d'offrir de réelles perspectives d'avenir à ces étudiants afin qu'ils apportent au pays ce qu'ils auront appris à l'étranger.
Selon Ahmad Jammal, directeur général de l'Enseignement supérieur au Liban (rattaché au ministère de l'Éducation et de l'Enseignement Supérieur), c'est d'ailleurs là que réside tout le sens de ce programme Erasmus+: les universités doivent travailler ensemble, mais aussi avec le secteur socio-économique afin d'offrir de réelles perspectives d'emplois à ces étudiants.
À l'aube de nouveaux défis, l'enseignement supérieur libanais ne baisse donc pas les bras, bien au contraire. Puisque « l'union fait la force », il ne nous reste plus qu'à voir jusqu'où les universités libanaises réussiront à se hisser dans les classements mondiaux.

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