Pablo Iglesias lève le poing suite à sa réelection à la tête du parti Podemos le 12 février 2017 à Madrid. AFP/Pierre-Philippe Marcou
Le chef du parti Podemos, Pablo Iglesias, a été largement reconduit hier dans ses fonctions lors d'un vote des militants, a annoncé le secrétaire d'organisation du parti Pablo Echenique. Pablo Iglesias a été réélu secrétaire général avec plus de 89 % des suffrages, a précisé Pablo Echenique devant des milliers de militants rassemblés dans un Palais des Congrès à Madrid.
Le programme de Pablo Iglesias, favorable à la poursuite de l'agitation sociale et pour une centralisation de Podemos, a également été choisi par 56 % des militants, contre 34 % pour celui de son numéro deux Inigo Errejon, a précisé Pablo Echenique. « Unidad, unidad, unidad » (unité), ont hurlé les militants en voyant apparaître les deux hommes, opposés pendant des mois sur la direction que devait prendre Podemos, un parti issu du mouvement des indignés contre l'austérité et la corruption. « Unité et humilité jusqu'à la victoire », a crié Iglesias en remerciant ses militants, après avoir donné une longue accolade à Inigo Errejon.
Frère du grec Syriza, Podemos est né en janvier 2014. Il a vécu jusqu'en 2016 une ascension fulgurante dans un pays traversé par une crise économique sans précédent. C'est désormais la troisième force politique en Espagne. Unidos Podemos, sa coalition avec l'écolo-communiste Izquierda Unida, dispose de 71 élus au Congrès des députés sur 350 et dirige, dans le cadre de plateformes citoyennes, des villes comme Madrid ou Cadiz. Mais la guerre fratricide en son sein l'a fragilisé. Elle a été tranchée hier par les 155 000 militants qui ont participé au vote. Ils ont aussi donné la majorité à la liste de Pablo Iglesias pour la direction du parti.
Pablo Iglesias, 38 ans, et Inigo Errejon, 33 ans, tous deux professeurs de sciences politiques, défendaient deux visions très différentes de Podemos. Le premier, qui a œuvré en faveur de l'alliance avec les écolo-communistes, a présenté un programme privilégiant le « combat dans la rue », l'alliance avec les organisations sociales qui ont réussi à rassembler des millions d'Espagnols dans les rues d'Espagne, des « marées citoyennes » pour réclamer plus de droits. Le deuxième, qui a longtemps écrit ses discours et dirigé les campagnes, veut polir l'image du parti pour « faire moins peur » et attirer les électeurs socialistes : une option plus « transversale », selon lui.
« Au moins désormais, c'est clair. Les militants ont tranché », a déclaré Carolina Bescansa, qui avait quitté la direction pour dénoncer ces divisions « toxiques ».
(Source : AFP)

