Internet illégal continue d'être sujet à polémique au sein de la classe politique. Hier, c'était entre l'ancien ministre des Télécoms, Boutros Harb, et le ministre de la Justice, Sélim Jreissati, qu'ont fusé les attaques. Mais toujours pas la moindre révélation publique officielle sur l'affaire.
L'ancien ministre des Télécoms, Boutros Harb, a fait part hier de ses craintes de voir le dossier d'internet illégal relégué aux oubliettes et d'en voir les responsables « couverts », alors que « cette affaire touche directement aux caisses de l'État et au peuple libanais ». À l'issue de la séance de questionnement du gouvernement sur ce dossier, il s'est dit « choqué » par la réponse du ministre de la Justice, Sélim Jreissati, au député Ali Ammar. « La réponse s'est limitée à l'affaire Google Cache, une affaire en marge du dossier d'internet illégal, à l'arrestation de quelques éléments des douanes, ainsi que l'affaire de l'obstruction de l'enquête par certains éléments armés, qui ont empêché les FSI de saisir des équipements illégaux » (NDLR, affaire de la MTV), a souligné le député. « La réponse n'a pas donné le moindre éclaircissement sur les enquêtes en cours liées à l'importation d'internet de manière illégale, sur les personnes arrêtées dans le cadre de cette enquête, ou sur le sort réservé à l'enquête », a-t-il noté. Pas non plus la moindre mention du ministre de la Justice, selon M. Harb, sur le dossier des communications internationales illégales, « une affaire qui traîne en justice et qui a été reportée quatre mois pour non-notification des personnes poursuivies ».
L'ancien ministre des Télécoms estime à ce propos que ces deux dossiers sont pourtant considérés par les Libanais comme étant les plus importants. Il a ajouté qu'au vu de l'opinion publique, les autorités font montre de négligence dans cette affaire. « Le gouvernement semble se désintéresser du dossier, ou alors, il tente de l'enterrer, car il agit comme si ce dossier n'existait pas », a-t-il martelé. « Ce qui m'a choqué le plus, a poursuivi Boutros Harb, c'est que le ministre de la Justice était en possession d'un rapport écrit, et non pas d'un exposé oral... »
À ces accusations, le ministre de la Justice, Sélim Jreissati, a tôt fait de répondre, par le biais de son bureau de presse. Il s'est dit étonné de la réaction à ses réponses de l'ancien ministre des Télécoms, Boutros Harb. Il a surtout promis « de remettre immédiatement au nouveau ministre des Télécoms, Jamal Jarrah, le dossier d'internet illégal, avec toutes ses ramifications ».
Par ailleurs, la Cour pénale de cassation a entériné, hier, la décision du juge d'instruction de Beyrouth, Fadi Oneissi, de rejeter le recours dans le cadre de l'affaire dite Google Cache, présenté par l'avocat de Gaby Smayra, l'un des accusés dans cette affaire. Le procès reprendra le 6 mars prochain.
Liban - Internet Illégal
Nouvelle polémique entre Harb et Jreissati
OLJ / le 09 février 2017 à 00h00


Hâmîhâh Haramîhâh ?
10 h 15, le 10 février 2017