Les enseignants du secteur technique public en colère face au ministère de l’Éducation. Photo ANI
Un sit-in de protestation a été organisé hier par le comité de coordination des enseignants contractuels de l'enseignement technique public, face au siège du ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur. Les protestataires dénoncent une injustice fondamentale : privés de concours d'entrée au cadre de l'enseignement officiel depuis 1997 (vingt ans, rien de moins ! ) contrairement à d'autres filières, ils ont constaté avec stupéfaction que des contrats de longue durée viennent d'être proposés à d'autres postulants, en pleine année scolaire, sans que leurs droits, ou tout au moins leur présence auprès des élèves, ne soient pris en considération...
C'est donc avec beaucoup d'amertume que Walid Nmeir s'est exprimé au nom de ses collègues, s'adressant au ministre de l'Éducation Marwan Hamadé, ainsi qu'au président de la République et aux différents responsables. « Cela fait vingt ans qu'aucun concours d'entrée au cadre n'a été organisé à l'intention des enseignants du secteur technique public, contrairement aux enseignants des autres filières, a-t-il déploré. Pourquoi cette injustice, et qui a décidé de cette discrimination ? Qui en profite ? »
M. Nmeir a fait remarquer que « chaque année, de nouveaux contrats sont signés avec de nouveaux enseignants, au détriment de nos contrats dont le nombre se réduit au profit des partisans et des suivistes, sachant que la plupart de ceux-là ont déjà des emplois dans le secteur privé et dans des secteurs professionnels qui leur assurent une couverture sociale ».
Soulignant les difficiles conditions de vie de ses collègues, il a ajouté : « De nouveaux contrats viennent d'être signés ce mois, avec des enseignants qui seront envoyés dans nos établissements pour prendre notre place dans nos classes, parmi nos élèves. Pourquoi de nouveaux contrats? Y a-t-il des élèves privés d'enseignants? Avons-nous dépassé le cap des examens du premier semestre ? Non et mille fois non. Ces contrats servent à satisfaire les hommes de tel ou tel, à nos dépens et aux dépens de nos élèves. »
Les enseignants techniques ont menacé de recourir aux mesures d'escalade dans leur mouvement de protestation pacifique, à commencer par un sit-in face au Parlement mardi prochain, en marge de la séance parlementaire.

