Photo de famille, hier, lors du 28e sommet de l’Union africaine, à Addis-Abeba. Zacharias Abubeker/AFP
Les chefs d'État de l'Union africaine (UA) ont décidé hier de réintégrer le Maroc, qui avait quitté l'organisation continentale en 1984 pour marquer son désaccord sur le dossier du Sahara occidental, a-t-on appris auprès de plusieurs présidents africains réunis en sommet à Addis-Abeba.
Selon le président sénégalais Macky Sall et le ministre sahraoui des Affaires étrangères, Mohammad Salem Ould Salek, 39 chefs d'État (sur 54 pays) se sont prononcés pour le retour du royaume chérifien au sein de l'UA.
« Même si la question du Sahara occidental reste une question posée, (...) en famille on peut continuer à trouver des solutions. L'admission est faite, et c'est le plus important : aujourd'hui, le Maroc est membre intégrant de l'Union africaine », a ajouté le président sénégalais.
La présidente du Liberia, Ellen Johnson Sirleaf, a également confirmé que « la majorité des États membres avait accepté la demande du Maroc de réintégrer l'Union africaine ». « L'Afrique veut parler d'une seule voix. Et nous avons besoin que tous les pays africains soient associés à cette voix », a ajouté la présidente.
Le royaume chérifien avait quitté l'UA en 1984 pour protester contre l'admission de la République arabe sahraouie démocratique, proclamée par le front Polisario au Sahara occidental, un territoire que Rabat considère comme sien.
Mais le Maroc a annoncé en juillet sa volonté de réintégrer l'organisation, et le roi Mohammad VI, présent à Addis-Abeba, a multiplié ces derniers mois les visites officielles pour rallier les soutiens.
La demande du Maroc a toutefois suscité l'opposition de soutien de longue date de la République arabe sahraouie démocratique. Ainsi, 12 pays, dont plusieurs poids lourds du continent comme le Nigeria, l'Algérie, l'Afrique du Sud, le Kenya ou l'Angola, avaient tenté de contrecarrer la réadmission sur des bases juridiques, estimant que le Maroc « occupe une partie du territoire d'un État membre » en référence au Sahara occidental.
Nouveau chef de l'exécutif
Par ailleurs, les dirigeants africains ont désigné hier le nouveau chef de leur exécutif, le Tchadien Moussa Faki Mahama.
Signe des rivalités régionales qui animent toujours l'organisation continentale, il aura fallu aux chefs d'État pas moins de sept tours de scrutin pour élire le ministre tchadien des Affaires étrangères Moussa Faki Mahamat à la tête de la commission, le bras exécutif de l'UA.
Également ancien Premier ministre de son pays, M. Moussa Faki est élu pour un mandat de quatre ans et succède à la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma, saluée pour avoir mis la question des droits des femmes au cœur des préoccupations de l'UA, mais critiquée pour son bilan en termes de paix et de sécurité.
Quant au président tchadien Idriss Déby Itno, il est ainsi parvenu à placer un homme de confiance à la tête de l'exécutif continental, le jour même où il a cédé la présidence tournante de l'UA, qu'il occupait depuis un an, à son homologue guinéen Alpha Condé.
Les récentes mesures anti-immigration du président américain Donald Trump ont également fait des remous parmi les participants.
À l'ouverture du sommet, le nouveau secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres avait salué le partenariat entre l'Onu et l'UA, et mis en garde contre la multiplication des fermetures de frontières dans le monde, louant sur ce point le contre-exemple africain. « Les frontières africaines demeurent ouvertes pour ceux qui ont besoin de protection quand de nombreuses frontières se ferment, y compris dans les pays les plus développés du monde », a déclaré M. Guterres.
« Il est clair qu'au niveau mondial, nous entrons dans une période de turbulences. Par exemple, le pays même où nos peuples ont été emmenés comme esclaves a décidé d'interdire les réfugiés (originaires) de certains de nos pays », a en outre déclaré la présidente sortante de la commission de l'UA, Nkosazana Dlamini-Zuma.
(Source : AFP)


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