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Économie - Transports

Etihad revoit sa stratégie avec le départ de son patron

Le départ de l’Australien James Hogan à la tête d’Etihad Airways interviendra au second semestre de cette année. Andreas Solaro/AFP

L'Australien James Hogan va abandonner son poste à la tête d'Etihad Airways après avoir été pendant une décennie l'artisan de l'expansion de la compagnie, à coup de prises de participation dans des compagnies européennes qui se sont avérées peu payantes.
Ce départ interviendra au second semestre de cette année, a précisé le groupe contrôlé par le gouvernement d'Abou Dhabi. Il fait partie d'un « processus de transition », initié par son conseil d'administration et par M. Hogan lui-même, qui a conduit en mai à la mise en place de l'Etihad Aviation Group pour le transport aérien et le voyage.
Cette décision intervient sur fond de difficultés pour les compagnies aériennes dans lesquelles M. Hogan a injecté d'importants investissements, notamment Alitalia et Air Berlin. « On peut supposer que les deux compagnies européennes faibles ont gâché sa stratégie, mais je ne pense pas qu'on puisse le blâmer pour cela », a dit à l'AFP Addison Schonland, expert aéronautique basé aux États-Unis, ajoutant que l'expansion d'Etihad avait certainement fait l'objet d'un feu vert politique à Abou Dhabi.
Lancée en 2003, Etihad est la deuxième compagnie des Émirats arabes unis loin derrière Emirates de Dubaï. Elle s'est développée rapidement et a vu en 2015 son bénéfice net bondir de 41 %, à 91 millions d'euros (97,7 millions de dollars), grâce à une hausse significative du nombre de passagers.
Contrairement à sa concurrente de Dubaï qui se concentre sur son propre développement, la compagnie Etihad s'est lancée dans une stratégie d'expansion à l'international, multipliant les prises de participation dans d'autres compagnies aériennes. Elle détient 49 % d'Alitalia, 49 % d'Air Serbia, 29 % d'Air Berlin, 40 % d'Air Seychelles, 24 % de Jet Airways et 19,9 % de Virgin Australia. Etihad est également actionnaire de la compagnie suisse Darwin Airline, opérant sous le nom d'Etihad Regional (33,3 %).

Réduction des effectifs
Ces investissements se sont avérés coûteux et Etihad a dû maintenir à flot Air Berlin ces dernières années, le transporteur allemand ayant enregistré des pertes de 447 millions d'euros (480 millions de dollars) en 2015. Sa prise de participation dans Alitalia, qui a été sauvée de la faillite en 2014, a été suivie de vives critiques sur un plan de restructuration prévoyant la suppression de 1 600 emplois.
Le 19 décembre, la compagnie a annoncé avoir engagé un processus de réduction de ses effectifs dans le cadre d'une restructuration de ses activités pour répondre, selon elle, à un souci de compétitivité. « Le processus a commencé. Nous sommes déjà en plein processus », avait déclaré à l'AFP un porte-parole d'Etihad sans préciser le nombre de suppressions de postes parmi les 26 769 employés de la compagnie.
En annonçant le départ de M. Hogan, le groupe a souligné qu'il allait procéder à des « ajustements » de ses participations à l'étranger. « Nous devons progresser et ajuster nos partenariats (avec les compagnies étrangères), même si nous restons engagés dans la stratégie » de prises de participation, a affirmé hier le président du groupe, Mohammad Moubarak Fadhel al-Mazrouei. Etihad Airways a aussi des activités dans les domaines du transport de fret et des services aéroportuaires.
M. Hogan va rejoindre une firme d'investissement et le groupe a « déjà commencé » à chercher un nouveau patron. Ce départ ne constitue pas un bouleversement, a estimé Carolyn McCall, directrice générale d'EasyJet. « Je ne pense pas qu'il s'agisse d'un chambardement », a-t-elle déclaré, ajoutant toutefois que toutes les compagnies « suivront avec intérêt » ce qu'Etihad entreprendra sur le marché européen du transport aérien.
(Source : AFP)

L'Australien James Hogan va abandonner son poste à la tête d'Etihad Airways après avoir été pendant une décennie l'artisan de l'expansion de la compagnie, à coup de prises de participation dans des compagnies européennes qui se sont avérées peu payantes.Ce départ interviendra au second semestre de cette année, a précisé le groupe contrôlé par le gouvernement d'Abou Dhabi. Il fait partie d'un « processus de transition », initié par son conseil d'administration et par M. Hogan lui-même, qui a conduit en mai à la mise en place de l'Etihad Aviation Group pour le transport aérien et le voyage.Cette décision intervient sur fond de difficultés pour les compagnies aériennes dans lesquelles M. Hogan a injecté d'importants investissements, notamment Alitalia et Air Berlin. « On peut supposer que les deux compagnies...
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