Le titre de BMW reculait hier de 1,08 % à 86,66 euros (92,19 dollars) à la clôture, entraînant dans son sillage les autres valeurs automobiles. Michael Dalder/Reuters
Le gouvernement allemand et de puissantes fédérations ont mis en garde hier le président élu américain Donald Trump contre l'instauration d'une lourde taxe qui menace le secteur automobile, l'un des piliers de la première économie européenne.
Dans un entretien accordé au quotidien populaire allemand Bild et au journal britannique Times et paru hier, le futur occupant de la Maison-Blanche a redit vouloir lourdement taxer, au titre des droits de douane, les importations aux États-Unis de produits fabriqués au Mexique. « Je dirais à BMW que s'il veut construire une usine au Mexique pour vendre des voitures aux États-Unis sans une taxe de 35 %, il ferait mieux d'oublier », a lancé le milliardaire new-yorkais interrogé sur l'usine que le constructeur de Munich (Sud) veut ouvrir en 2019 à San Luis Potosi, dans le nord du Mexique.
Ces propos ont déclenché un flot de réactions sur les terres natales de BMW, Mercedes-Benz et Volkswagen. « L'industrie automobile américaine en sortira moins bonne, plus faible et plus chère », a averti Sigmar Gabriel, ministre allemand de l'Économie, interrogé par Bild. M. Gabriel a dit espérer que M. Trump, une fois entré en fonctions, « réalisera à quel point les relations économiques sont diverses » et a appelé l'Allemagne et l'Europe à montrer plus de confiance en elles. Les milieux économiques ont également réagi au quart de tour. Par la voix de son président, Matthias Wissmann, la Fédération allemande de l'automobile VDA a dit « prendre au sérieux les déclarations » de Donald Trump, même s'il « reste à voir si (elles) seront mises en œuvre par l'administration américaine » alors que le Congrès aura son mot à dire.
Le Mexique, base importante
Grâce aux accords de libre-échange nord-américains et à des coûts de production inférieurs, le Mexique est devenu une importante base industrielle pour les constructeurs automobiles vendant aux États-Unis et au Canada. L'allemand Volkswagen comptait par exemple parmi les cinq principaux exportateurs de véhicules depuis le Mexique en 2016.
Mais en parallèle, les constructeurs allemands ont multiplié leur production de véhicules légers aux États-Unis par quatre depuis 2009. « Pour les constructeurs allemands, les États-Unis ne sont pas seulement le deuxième marché à l'export mais également un lieu de production important depuis lequel ils livrent le reste du monde », a relevé M. Wissmann. Selon lui, la mise en place de barrières commerciales reviendrait donc pour les États-Unis à « s'amputer sur le long terme. »
Une analyse partagée par Dieter Kempf, président de la Fédération allemande de l'industrie BDI, selon qui « les conflits commerciaux ne créent que des perdants ».
BMW n'a pas souhaité répondre directement aux propos de M. Trump. La construction de l'usine de San Luis Potosi « se poursuit comme prévu et doit être terminée en 2019 », a simplement déclaré un porte-parole interrogé par l'AFP. Ce site doit assurer la production de la Série 3 « prévue pour le marché mondial », a précisé le constructeur, sans pouvoir dire encore dans quel pays ces voitures seront vendues.
BMW a également rappelé sa présence importante aux États-Unis, l'usine américaine de Spartanburg (Est) étant son plus grand site de fabrication au monde. « Nous sommes un exportateur net aux États-Unis, où nous produisons et exportons plus de véhicules que nous ne vendons dans le pays, ce qui est évidemment bon pour l'économie », a souligné le porte-parole, parlant du marché américain comme d'une « deuxième maison » pour BMW. Comme ses concurrents, l'allemand montre patte blanche alors que M. Trump, parti en guerre contre les délocalisations, ne semble pas vouloir faire de cadeaux aux grands noms de l'automobile mondiale.
L'américain Ford a déjà annulé un investissement de 1,6 milliard de dollars au Mexique et l'italo-américain Fiat-Chrysler a dit vouloir rapatrier aux États-Unis la production d'un pick-up.
À la Bourse de Francfort, le titre de BMW reculait hier de 1,08 % à 86,66 euros (92,19 dollars) à la clôture, entraînant dans son sillage les autres valeurs automobiles.
(Source : AFP)


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