Stéphane Peterhansel (à droite) et son copilote Jean-Paul Cottret célébrant leur victoire.
Son palmarès en est une parfaite illustration : avec une 13e victoire de Stéphane Peterhansel, surnommé « monsieur Dakar », devant la nouvelle star du rallye-raid Sébastien Loeb, en auto, et une première pour le Britannique Sam Sunderland en moto, le Dakar 2017, qui s'est terminé samedi, a vu se confronter traditions et nouveautés.
Peugeot a remis la main sur le Dakar en 2016, un an après son retour consécutif à 25 années d'absence en rallye-raid. Les guidons de KTM, au contraire, en ont fait leur propriété depuis 16 éditions. Pourtant, c'est un vétéran qui s'est imposé pour la marque au lion cette année et l'an dernier : Stéphane Peterhansel (51 ans) – premier Dakar en 1988, première victoire à moto en 1991 et, depuis, cinq autres à moto et sept en auto. Le constructeur autrichien, en revanche, cherche encore, parmi son cheptel de jeunes pilotes, un successeur à Cyril Despres et Marc Coma, qui se sont partagé les trophées entre 2005 et 2015. Après une première australienne en 2016 avec Toby Price (28 ans), 2017 a vu une première britannique avec Sam Sunderland (27 ans), pour sa 3e tentative.
Face à Peterhansel, un nouveau venu a toutefois confirmé cette année. Le nonuple champion du monde des rallyes Sébastien Loeb a démontré, pour sa 2e participation, qu'il avait les moyens de contrarier les habitudes de son coéquipier. « Il ne faut plus parler de progrès pour Sébastien et Daniel (Elena, son copilote), balayait d'ailleurs samedi le patron de Peugeot Sport, Bruno Famin. Ils ont juste montré qu'ils étaient au top de la discipline. » Ils terminent 2es, retardés d'une trentaine de minutes par un incident mécanique lors de la 4e étape. « Donc on peut dire qu'ils ont été les plus rapides de ce Dakar », a ajouté Famin.
Les deux pilotes se sont déjà implicitement donné rendez-vous en 2018. Peterhansel se voit fêter sur les pistes le 40e Dakar, Loeb dit qu'il « faudra faire mieux l'année prochaine ». En outre, première voiture 100 % électrique au départ du Dakar en 2015, Acciona est devenue à son 3e essai le 1er véhicule de ce type à terminer la course. La voiture pointe à la 52e place.
Nouvelles frontières ou retour aux sources ?
Si l'Argentine est depuis ses débuts en 2009 la capitale du Dakar version sud-américaine, la course ne s'y est pas cantonnée, se tournant d'abord vers le Chili (2009-2015) et le Pérou (2012-2013), avant la Bolivie depuis 2014 et le Paraguay cette année.
L'édition 2017 comportait en outre un pari osé : passer six jours (cinq étapes et la journée de repos) sur l'altiplano bolivien, malgré le risque d'intempérie. La météo n'y aura pas épargné le 39e Dakar. Seule la 1re étape bolivienne s'est déroulée selon les plans des organisateurs, une a été annulée, deux raccourcies et la dernière tant retardée par un glissement de terrain, une fois passée la frontière argentine, qu'il a fallu annuler l'étape du lendemain. En tout, ce sont 1 495 km chronométrés qui ont été annulés, sur 4 093 prévus initialement, soit plus de 30 % du parcours.
Le directeur de la course, Étienne Lavigne, assume pleinement ce choix, nécessaire ne serait-ce que pour offrir de nouveaux terrains de jeu aux concurrents. L'engouement remarqué pour le Dakar des Boliviens, pourtant pas de grands amateurs de sports mécaniques, aura été un autre argument. Pour autant, les organisateurs ne cachent pas négocier avec plusieurs autres hôtes potentiels, avec l'idée que la course retrouve l'océan Atlantique. Le Chili et le Pérou, déjà traversés, auraient la préférence des organisateurs, selon les médias locaux. On évoque aussi de nouvelles pistes du côté de la Colombie ou du Brésil.
(Source : AFP)

