La motarde espagnole Laia Sanz déjeunant au bivouac, mercredi, alors que l’étape du jour – la 9e – avait été annulée à cause des pluies diluviennes et de coulées de boue qui ont endeuillé l’Argentine (deux morts et des milliers de déplacés). Franck Fife/AFP
Feuilleton à rebondissements, c'est certainement le mot que l'on retiendra pour qualifier le Dakar 2017 : Stéphane Peterhansel, qui a perdu du temps en course pour porter secours à une moto qu'il avait heurtée, a finalement remporté la 10e étape, jeudi, d'abord promise à Sébastien Loeb.
La direction de course a décidé de déduire 14 min 13 sec du chrono réalisé par Peterhansel (Peugeot) dans la spéciale, soit le temps passé aux côtés du motard en question, le Slovène Simon Marcic, qui souffre d'une fracture ouverte tibia-péroné gauche. Le règlement de la course prévoit que lorsqu'un concurrent s'arrête pour secourir un autre plus de trois minutes, le temps perdu lui est restitué par la suite. En conséquence, son coéquipier chez Peugeot, Loeb, auteur du meilleur temps scratch jeudi, n'est que 2e de l'étape et perd sa 1re place au général, à deux jours de l'arrivée à Buenos Aires, capitale de l'Argentine, qui a lieu aujourd'hui.
Avantage donc à Peterhansel, « Monsieur Dakar », recordman de victoires dans l'épreuve (six en moto et six en auto), même si l'étape d'hier, la 11e, entre San Juan et Rio Cuarto présente un profil rapide et technique plutôt favorable au nonuple champion du monde des rallyes (Loeb), passé au Dakar en 2016. « Peter » compte désormais 05 min 50 sec d'avance au général sur son principal adversaire dans ce Dakar, et l'ultime bataille entre les deux hommes – tous les deux à trois victoires d'étape – s'annonce alléchante. L'issue, quelle qu'elle soit, ne pourra que ravir Peugeot. La marque au lion a les griffes bien plantées dans ce 39e Dakar: elle a signé en effet, jeudi, son quatrième triplé dans cette édition (avec Cyril Despres pour troisième larron) et semble bien partie pour réaliser le même exploit au général.
« Ce qui a marqué ma journée, c'est d'avoir percuté un motard qui était perdu, comme nous. Il nous a vu arriver, il a tout bloqué, il est tombé et nous sommes arrivés sur lui, il était sous la voiture. Je n'ai pas pu m'arrêter plus tôt, a raconté Peterhansel sur le site du Dakar. Il était conscient, nous sommes restés avec lui jusqu'à ce que le service médical arrive (...). Après cela, c'est très compliqué de se concentrer de nouveau sur la course. »
Motards décimés
Chez les motos non plus, l'auteur du meilleur temps scratch n'a pas longtemps eu la victoire d'étape entre les mains. Le Français Michaël Metge, pour qui cela aurait été une première pour sa cinquième participation, a écopé d'une heure de pénalité pour avoir manqué un point de contrôle dans les derniers kilomètres de la spéciale. Il rétrograde donc à la 24e place de l'étape, accordée à un de ses coéquipiers chez Honda, l'Espagnol Joan Barreda Bort, dont c'est la troisième victoire cette année.
Au delà de ce rebondissement, ce sont les abandons parmi les meilleures motos qui ont marqué cette 10e étape, longue de 751 km – dont 449 chronométrés –, qui marquait le retour des fortes chaleurs sur le Dakar (autour de 40 degrés à San Juan). Le 2e au classement général, le Chilien Pablo Quintanilla, a dû déclarer forfait, victime d'un traumatisme crânien suite à une chute après 400 kilomètres de spéciale. Le 3e de l'étape, le Slovaque Stefan Svitko, a aussi abandonné à l'arrivée, victime d'un malaise. Et l'Américain Ricky Brabec, dont le moteur a cassé durant la spéciale, a, lui, perdu connaissance et a été pris en charge par l'équipe médicale de la course.
À peine plus chanceux, le 3e – et premier Français – au général jeudi matin, Adrien Van Beveren, qui avait choisi l'attaque comme option pour la journée, s'est perdu pendant trois quarts d'heure dans la première section chronométrée puis est tombé à sept reprises dans la deuxième, où il s'est aussi retrouvé immobilisé. Relégué à trente minutes par Barreda, il recule à la 4e place au général, à 41 min 57 sec du leader britannique Sam Sunderland. « Ce qui s'est passé, je dois l'accepter. Aujourd'hui, j'aurais pu gagner le Dakar, mais je l'ai perdu, c'est le jeu », a-t-il réagi, fataliste.
(Source : AFP)


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