La livre a perdu près de 3,54 % de sa valeur contre le dollar, hier. Murad Sezer/Reuters
La livre turque a de nouveau atteint un plus bas historique sur les marchés des changes hier malgré des mesures prises par la Banque centrale, sur fond d'incertitude politique et d'une série d'attentats meurtriers.
La monnaie turque a perdu près de 10 % de sa valeur contre le dollar depuis le début de l'année. Sa chute s'est accélérée depuis que le Parlement a commencé à examiner lundi un projet de réforme constitutionnelle renforçant les pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan et qui rend les marchés nerveux.
La livre a perdu près de 3,54 % de sa valeur contre le dollar hier, s'échangeant à 3,93 contre le billet vert en fin d'après-midi, un nouveau record à la baisse. Face à la monnaie européenne, la livre a dépassé hier le seuil de 4 livres contre un euro pour la première fois, s'échangeant à 4,11, soit une perte de 2,69 % sur la journée.
Les économistes ont exprimé leur inquiétude à voir cette dynamique se poursuivre en raison d'incertitudes en termes de sécurité – avec les différents attentats liés à la rébellion kurde et au groupe État islamique (EI) – et de stabilité politique, à l'approche d'un potentiel passage à un système présidentiel.
La Banque centrale turque a tenté mardi d'enrayer la chute de sa monnaie en baissant le ratio de réserves de change dans les établissements bancaires du pays, afin d'injecter 1,5 milliard de dollars dans le système financier. La mesure n'a pas rencontré le succès escompté, les économistes estimant qu'elle n'est pas suffisante.
Pour les économistes de Finansbank, si ces mesures vont dans le bon sens pour soutenir la livre, « en termes de magnitude, c'est une autre affaire. Nous pensons que l'impact sur la monnaie sera probablement limité », expliquent-ils dans une note à leur client.
Malgré tout, les autorités turques restent optimistes. « Le taux de change n'est pas plus important que le déficit courant, l'emploi, la croissance ou l'inflation », a déclaré le ministre de l'Économie Nihat Zeybekçi, cité par le quotidien Hürriyet, ajoutant que la chute de la livre n'est que « temporaire ».
Cemil Ertem, conseiller principal du président Erdogan, met en cause pour sa part un complot étranger pour encourager la spéculation et dévaluer la livre turque pendant les débats parlementaires sur la réforme constitutionnelle. « Il y a une opération en cours pour dévaluer rapidement la livre turque. Ce n'est pas une théorie conspirationniste. C'est une réalité très claire », a-t-il déclaré à Hürriyet.
(Source : AFP)

