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Culture - Découverte

« Je suis immédiatement convaincu que c’est un Léonard »

Le Louvre a besoin de 15 millions d'euros pour conserver une étude de Léonard de Vinci sur le martyre de saint Sébastien.

« L’étude pour un saint Sébastien dans un paysage » a été examinée en octobre par des experts du Louvre auxquels elle a été confiée pour quelques jours. Philippe Lopez/AFP

Quinze millions d'euros pour une étude de Léonard de Vinci sur le martyre de saint Sébastien : c'est la somme que doit trouver le Louvre pour ajouter à ses collections ce chef-d'œuvre découvert par hasard par la maison Tajan et l'expert Patrick de Bayser.
Identifiée parmi d'autres dessins confiés à Tajan pour être vendus aux enchères, l'étude a été discrètement classée trésor national fin décembre. Elle est donc interdite de sortie du territoire et l'État a désormais trente mois pour trouver la somme demandée par le vendeur, un médecin de province souhaitant conserver l'anonymat. Il a reçu l'œuvre de son père, qui l'avait lui-même achetée chez un libraire.
L'étude pour un saint Sébastien dans un paysage a été examinée en octobre par des experts du Louvre auxquels elle a été confiée pour quelques jours. Mais aucune négociation n'est pour l'instant engagée avec la direction du musée, a affirmé la maison Tajan lors d'une présentation du dessin à la presse. Interrogé par l'AFP, le Louvre n'a pas confirmé ces informations.

Un dessin de gaucher
À l'origine de cette découverte, un lot de 14 dessins, d'intérêt divers, contrecollés sur des passe-partout de différentes couleurs. Pour les évaluer, Thaddée Prate, directeur tableaux et dessins anciens chez Tajan, fait appel à son expert habituel, Patrick de Bayser.
Celui-ci remarque un dessin avec une annotation à Michel-Ange (indication par le collectionneur de l'auteur supposé). « C'est une étude de saint Sébastien sur un papier déchiré sur le haut, qui me semble immédiatement tout à fait florentine et fin XVe, et pas du tout Michel-Ange », a raconté l'expert à l'AFP.
Patrick de Bayser remarque aussi que les hachures de l'ombrage vont de droite à gauche. « Il s'agit donc d'un dessin de gaucher. » Mais il découvre surtout que le dessin, de petite taille (19,3 x 13 cm), n'est collé que sur un bord et qu'on peut le retourner.
« Au verso, il comporte deux croquis scientifiques sur la répartition de la lumière derrière un obstacle et deux annotations en écriture spéculaire (qu'on peut lire dans un miroir), une technique très fréquemment employée par Vinci », explique l'expert.
« Je suis immédiatement convaincu que c'est un Léonard », se souvient avec enthousiasme Patrick de Bayser.

Glisser la plume
Il fait alors appel à la plus grande spécialiste des dessins de Vinci, Carmen C. Bambach, conservatrice du département des dessins et estampes au Metropolitan Museum de New York, qui confirme l'attribution.
On connaît deux autres études de saint Sébastien par Vinci – l'une conservée au musée Bonnat à Bayonne, l'autre à la Kunsthalle de Hambourg – et dans une liste de ses œuvres qu'il a lui-même établie, Léonard fait état d'une série de huit dessins sur ce thème qu'il n'a par ailleurs jamais traité en peinture.
Selon Carmen C. Bambach, le dessin daterait de la même période que l'épreuve de Hambourg, soit vers
1478-1483. « On retrouve derrière le corps du saint un paysage de montagne typique de Léonard », souligne Patrick de Bayser
Réalisé avec de l'encre brune sur un papier très fin, « choisi pour faire glisser la plume », ce saint Sébastien faisait sans doute partie d'un de ces carnets de croquis fabriqués par l'artiste pour y noter ses idées.
« D'une grande expressivité », le saint est représenté les cheveux dans le vent, avant qu'il ne subisse le martyre infligé par l'empereur Dioclétien pour avoir défendu des chrétiens alors qu'il était centurion.

Antoine
FROIDEFOND/AFP

Quinze millions d'euros pour une étude de Léonard de Vinci sur le martyre de saint Sébastien : c'est la somme que doit trouver le Louvre pour ajouter à ses collections ce chef-d'œuvre découvert par hasard par la maison Tajan et l'expert Patrick de Bayser.Identifiée parmi d'autres dessins confiés à Tajan pour être vendus aux enchères, l'étude a été discrètement classée trésor national fin décembre. Elle est donc interdite de sortie du territoire et l'État a désormais trente mois pour trouver la somme demandée par le vendeur, un médecin de province souhaitant conserver l'anonymat. Il a reçu l'œuvre de son père, qui l'avait lui-même achetée chez un libraire.L'étude pour un saint Sébastien dans un paysage a été examinée en octobre par des experts du Louvre auxquels elle a été confiée pour quelques jours....
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