La facture est bien loin des 14 milliards de dollars initialement réclamés à Deutsche Bank. Daniel Roland/AFP
Deutsche Bank va débourser 7,2 milliards de dollars aux États-Unis, soit moitié moins que redouté, pour son rôle dans la crise des subprimes, ce qui constitue un soulagement pour le groupe allemand et l'ensemble de la finance mondiale.
La première banque allemande a annoncé hier un accord de principe avec le ministère américain de la Justice (DoJ) sur le paiement d'une amende de 3,1 milliards de dollars, auxquels s'ajoutent 4,1 milliards de dollars de mesures destinées aux clients, telles que la révision des conditions de prêts déjà accordés. La facture est bien loin des 14 milliards de dollars initialement réclamés à Deutsche Bank, accusée d'avoir vendu en toute connaissance de cause entre 2006 et 2008 des crédits immobiliers toxiques convertis en produits financiers (RMBS).
Un plongeon de Deutsche Bank, institut de premier plan présent partout dans le monde et dans presque toutes les activités financières, aurait des conséquences d'une ampleur inconnue pour le secteur. Le FMI avait d'ailleurs qualifié cet été la banque allemande de « source majeure de risque. »
Cela avait aussi ravivé le spectre d'une augmentation de capital ou d'un sauvetage public de l'établissement, qui a seulement mis de côté 5,5 milliards d'euros (5,7 milliards de dollars) pour affronter ses divers problèmes avec la justice.
L'action Deutsche Bank était tombée fin septembre à un point bas historique (10,33 dollars). Hier, elle a clôturé en hausse de 0,34 % à 18,60 dollars à la Bourse de Francfort, après un début de séance en hausse de plus de 4 %. « La probabilité d'une augmentation de capital à relativement court terme a diminué », note Michael Seufert, analyste de la banque Nord/LB. L'accord va certes entamer de 1,17 milliard de dollars le résultat imposable du quatrième trimestre, mais il n'aura « pas d'influence substantielle » sur le bilan 2016, a assuré la banque. L'agence de notation Standard and Poor's jugeait également hier que le géant bancaire allemand sera capable « d'absorber ces coûts » sans mettre en danger son capital ou ses résultats financiers.
Des incertitudes demeurent toutefois, car l'accord n'est pas définitif. « Il reste une possibilité, quoique petite, que l'accord puisse encore échouer, par exemple en cas d'intervention du nouveau gouvernement américain », souligne M. Frommen de LBBW bank. En outre, « la banque continue de faire face à d'autres contentieux », rappelle Standard and Poor's. Le nom de l'établissement est cité dans près de 8 000 litiges dans le monde.
Selon les calculs de l'agence Bloomberg News, Deutsche Bank a déjà dû verser plus de 9 milliards de dollars depuis 2008, notamment pour manipulations du taux interbancaire Libor.
(Source : AFP)

