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Nos lecteurs ont la parole - Par Ronald Barakat

Message de vœux au pape François pour ses 80 ans

Photo AFP

Joyeux anniversaire, Saint-Père !
Que Dieu vous prête longue vie et vous garde à notre Église qui a besoin de vos réformes, du renouveau que vous lui insufflez, contre vents et marées, et vous garde à nous pour votre ouverture d'esprit sur des questions jusque-là verrouillées (telles que l'intégration des divorcés-remariés, l'homosexualité, etc.), pour votre exhortation concernant « l'amour dans la famille », l'éducation des enfants (et des parents !), « l'idéologie du genre », etc. Que Dieu nous garde votre franc-parler, votre critique audacieuse de certaines coutumes d'un autre temps (telles que les mutilations génitales) et votre « autocritique » du cléricalisme, de la corruption, etc. On ne saurait résumer dans un simple message de bons vœux vos innombrables positions avant-gardistes, vos œuvres personnelles et pontificales de miséricorde (notamment à l'adresse des nécessiteux, des migrants, etc.), vos initiatives humanitaires inédites, depuis le début de votre pontificat, aidé en cela par vos qualités de « globe-trotter » missionnaire qui fait le tour d'une planète en mal d'humanité, et ce pour diffuser la bonne parole.
Parlant d'humanité, j'imagine ce qui, de nos jours, vous fait aussi très mal : c'est de voir cette humanité aller de mal en pis à cause de la mauvaise gestion de ses gouvernants, surtout les principaux, ceux qui détiennent le pouvoir et contrôlent les Nations unies ;
c'est de voir certains peuples massacrés, comme en Syrie, non seulement par la main de dirigeants locaux et régionaux, de califes et d'émirs, mais aussi par la main de ces mêmes gouvernants mondiaux, dont certains siègent au Conseil de sécurité et se disent chrétiens ; c'est de voir les peuples de ce monde ne rien voir (ou presque) de ces crimes contre l'humanité, occupés à leurs propres plaisirs et loisirs, leurs propres affaires personnelles, communautaires et nationales, régis par leurs propres intérêts, leur propre vision étriquée, nombriliste, de la vie ;
c'est de voir les gens de votre propre Église, surtout les chrétiens d'Orient, faire fi de l'enseignement évangélique d'aimer son prochain, y compris son ennemi, et se réjouir de la persécution de leurs persécuteurs, de relayer les photos de leurs cadavres sur les réseaux sociaux en se gargarisant de leur sang ;
c'est de les voir détourner leur regard, feindre de ne pas voir les crimes de celui qu'ils considèrent être leur « protecteur » selon un pacte « d'alliance des minorités » ; c'est aussi de voir des ecclésiastiques – et non des moindres – taire les crimes du tyran pour préserver leur paroisse et, surtout, leurs privilèges, de les voir se réfugier dans l'antre de la bête, entre les ossements de ses victimes, pour préserver leur tête, et être ainsi complices de sa boucherie ; c'est de voir certains « apôtres » à l'antipode de l'attitude exemplaire de Jésus vis-à-vis des « marchands du Temple », ou celle de Jean-Baptiste dont les admonestations envers Hérode lui ont valu la prison et la décapitation, ou celle de tant de saints, bienheureux, pères et docteurs de l'Église qui ont préféré le martyre au péché de transiger avec le malin et de déroger aux principes de leur foi chrétienne, qui n'ont pas hésité à dénoncer les abus et les crimes, à appeler un chat un chat, un monstre un monstre, au prix de leur confort, leur sécurité, leur position et leur vie.
Je ne peux qu'imaginer votre peine, Saint-Père, en ces circonstances tragiques où se commettent les pires atrocités envers des humains considérés par d'autres comme une sous-catégorie, n'étant pas de « race » européenne ou américaine, sinon les pays de ces régions seraient accourus à la rescousse de leur « genre ». C'est une autre « théorie du genre » qu'il convient de dénoncer ici.
Pour cela, je vous conjure, Saint-Père, d'émettre une « exhortation » d'un autre genre, de dire leurs quatre vérités aux Hérode de notre temps, à leurs complices, à leurs affidés, surtout chrétiens, laïques et cléricaux.
Je saisis l'opportunité pour vous souhaiter, à vous et à la curie, de joyeuses fêtes, en dépit des malheurs qui nous entourent. Puisse l'Enfant à naître faire renaître en nous un cœur pur d'enfant, comme il l'a recommandé, et puissions-nous, chrétiens, avoir la grâce de toujours professer sa vérité... et le courage de dire la vérité, quoi qu'il en coûte, d'autant plus que, comme le dit le dicton, « la vérité sort de la bouche des enfants ».

Joyeux anniversaire, Saint-Père !Que Dieu vous prête longue vie et vous garde à notre Église qui a besoin de vos réformes, du renouveau que vous lui insufflez, contre vents et marées, et vous garde à nous pour votre ouverture d'esprit sur des questions jusque-là verrouillées (telles que l'intégration des divorcés-remariés, l'homosexualité, etc.), pour votre exhortation concernant « l'amour dans la famille », l'éducation des enfants (et des parents !), « l'idéologie du genre », etc. Que Dieu nous garde votre franc-parler, votre critique audacieuse de certaines coutumes d'un autre temps (telles que les mutilations génitales) et votre « autocritique » du cléricalisme, de la corruption, etc. On ne saurait résumer dans un simple message de bons vœux vos innombrables positions avant-gardistes, vos œuvres...
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