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Moyen Orient et Monde - Syrie

Les évacuations à Alep momentanément suspendues après un grave incident

Le Conseil de sécurité de l'Onu votera ce matin sur une résolution française prévoyant de déployer des observateurs pour superviser l'évacuation de la ville.

Un enfant ramassant ses affaires de sa maison détruite dans le quartier d’al-Arkoub, hier. Youssef Karwashan/AFP

La reprise attendue hier de l'évacuation d'insurgés et de civils tenaillés par la faim et transis de froid dans le réduit rebelle d'Alep a été suspendue pendant plusieurs heures à cause d'un grave incident impliquant des hommes armés. En fin de soirée, un responsable médical a affirmé que 3 500 personnes ont pu quitter la ville. Les évacuations à Alep devaient être menées simultanément à celles des villages de Fouaa et Kfarya, dans la province d'Idleb. Or durant la journée une vingtaine de bus qui s'apprêtaient à entrer dans ces deux localités chiites prorégime assiégées par les rebelles ont été attaqués et incendiés par des hommes armés issue de la mouvance jihadiste. Un des chauffeurs a trouvé la mort, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). « L'opération a été reportée en raison de l'absence de garanties concernant la sécurité des évacués des deux villages de Fouaa et Kfarya », a annoncé l'OSDH, précisant que la suspension était due à l'attaque des bus.

« Les évacuations sont momentanément interrompues », a confirmé à l'AFP Yasser al-Youssef, du groupe rebelle Nourredine al-Zinki, soulignant toutefois que l'incident en question « n'allait pas avoir d'impact sur la reprise de l'opération à une date ultérieure ».Environ 8 500 personnes, selon l'OSDH, avaient pu être évacuées d'Alep avant que les opérations ne soient interrompues. Mais un responsable rebelle avait affirmé hier à des journalistes qu'un nouvel accord avait été conclu aux termes duquel la reprise des évacuations à Alep se déroulerait parallèlement à celle Foua et Kfarya. Le responsable rebelle a parlé d'une opération en deux étapes : des assiégés d'Alep sortiront contre 2 500 habitants de Fouaa et Kfarya. Puis 1 500 personnes supplémentaires sortiront de ces deux villages parallèlement à l'évacuation du même nombre de gens de Zabadani et de Madaya, deux villes rebelles assiégées par le régime près de Damas.

Les opérations à Alep devaient rester « à l'arrêt » jusqu'à ce que celles de Fouaa et Kfarya aient lieu, a également annoncé l'agence officielle Sana, accusant « les groupes terroristes de bloquer le passage des bus » qui doivent évacuer les deux localités chiites.

(Lire aussi : Chez les évacués d'Alep, on rêve déjà du retour)

Froid glacial

Des milliers de personnes sont restées bloquer depuis vendredi dans la poche rebelle d'Alep, conquise presque entièrement par le régime de Bachar el-Assad après une violente offensive aérienne et terrestre d'un mois, doublée d'un siège hermétique depuis juillet. Le correspondant de l'AFP dans le secteur rebelle d'Alep a vu toute la journée des milliers de personnes agglutinées dans le quartier d'al-Amiriyah, d'où étaient partis jeudi des convois avant que l'opération ne soit suspendue par le régime le lendemain. En vertu d'un nouvel accord entre belligérants et leurs parrains russe, turc et iranien, des dizaines de bus sont entrés à Alep en vue de l'évacuation, « sous la supervision du Croissant-Rouge et du Comité international de la Croix-Rouge », d'après les médias officiels.

Selon la télévision d'État syrienne, 100 bus étaient chargés de faire sortir les civils et les insurgés d'Alep. En début de soirée, après des heures d'attente, plus de 30 bus étaient pleins à craquer, certaines personnes debout faute de place, avant que les véhicules ne puissent quitter la ville. Des milliers d'autres personnes, dont beaucoup d'enfants, continuaient d'attendre dans le froid glacial pour ne pas rater un autre convoi, a-t-il précisé. Certains ont enlevé des vêtements de leurs bagages et y ont mis le feu pour se réchauffer alors que les températures avoisinaient les -6 degrés Celsius en soirée.

(Lire aussi : "J'ai perdu ma jambe et mon bras": le traumatisme des Syriens évacués d'Alep)

Trois médecins

La situation humanitaire devient de plus en plus catastrophique à Alep pour les civils bloqués, dont des enfants qui passent la nuit dans les ruines des immeubles. Privés d'eau potable et de nourriture, épuisés, ils subsistent en mangeant des dattes. Dans le dernier hôpital du secteur rebelle, certains des dizaines de blessés et de malades commencent à succomber, selon des médecins sur place. Un physiothérapeute, Mahmoud Zaazaa, a confié à qu'il ne restait plus dans la zone « que trois médecins, un pharmacien et trois infirmiers ».

Sur le plan diplomatique, à New York, le Conseil de sécurité de l'Onu se prononcera aujourd'hui sur un nouveau projet de résolution prévoyant l'envoi d'observateurs à Alep pour superviser les évacuations. À l'issue de longues consultations à huis clos, un compromis a été trouvé mais certains des 15 pays membres doivent encore en référer à leurs capitales avant de donner leur accord définitif, a précisé l'ambassadeur français François Delattre. Son collègue russe Vitali Tchourkine a estimé qu'il s'agissait « d'un bon texte » et a précisé que le vote aurait lieu à 09h00 heure locale (14h00 GMT). Moscou – grand allié de Damas – a toujours opposé son veto aux résolutions concernant la Syrie mais l'ambassadrice américaine Samantha Power a cette fois dit s'attendre à un « vote unanime ».

 


La reprise attendue hier de l'évacuation d'insurgés et de civils tenaillés par la faim et transis de froid dans le réduit rebelle d'Alep a été suspendue pendant plusieurs heures à cause d'un grave incident impliquant des hommes armés. En fin de soirée, un responsable médical a affirmé que 3 500 personnes ont pu quitter la ville. Les évacuations à Alep devaient être menées...

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