Le Conseil de sécurité de l'Onu pourrait voter dès ce week-end sur la résolution française demandant le déploiement d'observateurs internationaux pour superviser les évacuations de la ville syrienne d'Alep, a indiqué vendredi l'ambassadrice américaine à l'Onu.
Soulignant que Washington soutenait le projet français, Samantha Power a précisé: "Nous espérons voter ce week-end, en raison de l'extrême urgence" de ce dossier. Elle s'exprimait à l'issue d'une réunion à huis clos du Conseil au cours de laquelle l'ambassadeur français François Delattre a présenté l'initiative de Paris à ses partenaires.
M. Delattre a fait état devant la presse d'une "écrasante majorité" des quinze membres du Conseil en faveur du projet de résolution, tandis que Mme Power a relevé n'avoir décelé "aucun rejet d'emblée" de cette initiative.
"Comme annoncé hier (jeudi) par le président de la République, la France a préparé un projet de résolution dont j'ai présenté les grandes lignes ce matin à mes collègues du Conseil", a déclaré M. Delattre à l'AFP.
"Nous allons faire circuler ce texte cet après-midi", a-t-il ajouté, espérant un vote "dès que possible".
Mais l'ambassadeur russe Vitali Tchourkine s'est montré sceptique devant les journalistes. "Il y a des éléments discutables, il faut que nous examinions le texte", a-t-il déclaré. "Déployer des observateurs prend des semaines, penser qu'on peut le faire en deux ou trois jours n'est pas du tout réaliste". "La situation est très fluide" sur le terrain, a-t-il poursuivi.
Pour Mme Power, "si la Russie a pu livrer Alep au gouvernement syrien, elle peut certainement organiser des corridors véritablement sûrs" pour évacuer les civils. Le personnel de l'Onu sur place "nous a affirmé il y a une heure qu'ils étaient prêts à assurer la supervision" des évacuations et la gestion de l'aide humanitaire, a fait valoir l'ambassadrice américaine. Il suffit "que la Syrie les laisse accéder aux civils", a-t-elle ajouté.
En cas de désaccord au sein du Conseil sur la résolution, la France et les Etats-Unis se sont dits prêts à convoquer une session spéciale de l'Assemblée générale de l'Onu pour soumettre à son vote un texte sur Alep.
Les résolutions de l'Assemblée ne sont pas contraignantes mais elles ne peuvent être bloquées par un veto, contrairement à celles soumises au Conseil.
La Russie et la Chine ont opposé à plusieurs reprises leur veto à des résolutions occidentales au sujet de la situation en Syrie depuis le début de la guerre civile en mars 2011.


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